La crise alimentaire qui a commencé frappe l’ensemble de la planète. Cette situation ouvre la porte à la spéculation, beaucoup de journaux en parlent, mais aussi peut-être à la malversation. Bien sûr, la fraude alimentaire n’est pas un fait nouveau mais elle pourrait bien se développer de manière exponentielle dans les temps qui viennent, la raréfaction de la nourriture pouvant évidemment inciter à l’ajout de produits de substitution, voire illicites et dangereux pour la santé.
Ainsi, comme le Canard l’a révélé dans un dossier très étayé et très documenté, ce sont 2 800 tonnes d’huile pour moteur qui ont été mélangées en fraude à de l’huile de tournesol destinée à la consommation humaine. Au total, 40 000 tonnes d’huile de tournesol ont été coupées à l’huile de moteur. Le lot, en provenance d’Ukraine, a été distribué aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne et en France où le groupe Saipol (propriétaire de Lesieur) a attiré l’attention de la Répression des Fraudes sur l’existence de ce lot frelaté.
Si Carrefour a admis, du bout des lèvres, avoir retiré de la vente quelques 200 produits contenant cette huile frelatée, une bonne partie de cette huile a été consommée ici et là. Saipol, qui avait pourtant informé la Répression des Fraudes, a même reconnu avoir raffiné l’huile en question (huile minérale issue donc d’hydrocarbures) pour la revendre à « une trentaine de clients de l’industrie alimentaire ». Mieux : la commission européenne s’est fendue en catimini d’une « recommandation autorisant la vente de tous les aliments contenant moins de 10% d’huile de tournesol frelatée ».
Pouvoirs publics français, commission de Bruxelles, le groupe Saipol et l’industrie alimentaire se défendent tous aujourd’hui en prétextant que ladite huile ne présente aucun risque de « toxicité aiguë ». Alors, pourquoi ne pas avoir prévenu les consommateurs !
Aucun risque donc. Mais n’oubliez pas quand même d’aller faire votre vidange tous les 15 000 !




























