Internet et les médias ont ceci de pratique, à savoir qu’ils peuvent servir à donner une autre image de soi, une image différente de ce que l’on est réellement. Heureusement, ce blog est exempt, je crois, de tels travers et il y a beaucoup de sincérité dans les propos qui sont aujourd’hui échangés.
Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Je me rappelle qu’une amie m’avait dit « Je connais X qui vient sur ton blog, ce n’est pas du tout la même personne dans la vraie vie, ses idées ne sont pas du tout les mêmes ». Cela m’avait interpelé. Et puis j’ai eu l’occasion de rencontrer X un peu plus tard, je ne la connaissais pas auparavant. Je me rappelle qu’elle m’avait raconté qu’elle travaillait pour un homme politique de gauche qu’elle appréciait beaucoup, elle m’a donné ce jour-là l’image d’une personne de cette sensibilité politique et ses mots fleuraient bon la sincérité. Je lui aurais donné le Bon Dieu Mao sans confession. Et puis patatras, j’ai retrouvé quelques mois plus tard, sur un blog que je fréquentais à l’époque, des propos d’elle qui étaient bien à droite. Evidemment, il n’y a pas de honte ou de gloire à être à droite ou à gauche. Mais un minimum (un maximum ?) de sincérité s’impose.
Tout ceci est un mystère pour moi. Pourquoi un tel jeu ? Et d’abord, s’agit-il vraiment d’un jeu ? Quel est le but recherché ? Internet n’est-il pas devenu le lieu où les gens s’inventent parfois une vie, un passé, une manière en quelque sorte pour eux de sortir de leur petite vie étriquée ?
C’est un peu pareil que dans les journaux où tout n’est parfois que « façade » et « communication ». Tiens, à ce propos, vous avez lu l’interview de Sophie Marceau dans le Journal du dimanche du 1er février ? L’actrice raconte qu’aux dernières présidentielles, elle ne savait pas pour qui voter. Elle a alors tiré un nom au hasard et c’est le nom de Sarkozy qu’elle a jeté dans l’urne. La méthode montre le degré de conscience politique qu’a Sophie Marceau. Mais là n’est pas mon propos. Car juste avant, la journaliste lui avait demandé : « En 1981, vous avez voté pour qui ? », Sophie avait répondu sans hésiter « Mitterand, j’en garde un souvenir de fierté et d’espoir ». Quelle belle confession ! Quelle sincérité à fleur de peau ! Sauf que le 10 mai 1981, la petite Sophie n’avait que 14 ans et demi et qu’elle n’était pas en âge de voter !
Sophie Marceau s’invente ainsi un fragment de passé qu’elle n’a pas vécu (ou alors seulement en rêve). Sa vie médiatique n’est qu’un mime. C’est donc ça le fameux mime Marceau ?









(une partie de la récolte du samedi 24 janvier)







