Les vieux témoins

Un article proposé par Luc.
De tous les endroits propices aux balades rêveuses, mes préférés sont de loin les espaces semi ouverts, ceux qui témoignent d’un combat certain et d’une complicité possible entre l’homme et la nature : les alternances de cultures et de bocages, avec des haies vives, des vergers, des arpents oubliés, des fossés sauvages.
Dans ces mosaïques paysagères, quelques pièces, parfois fort petites, sont devenues pour moi des lieux de rendez-vous réguliers. Je vous parle aujourd’hui d’une de ces petites pièces, perdues au milieu de la Famenne, région naturelle située au nord des Ardennes et à la biodiversité encore fort riche. Le nom Famenne vient du mot famine, et le lien entre la richesse de la faune et flore locale et la misère paysanne traditionnelle est évidement frappante.

C’est là, sur le territoire de l’ancienne commune de Resteigne que j’ai plusieurs fois par an rendez-vous avec ces témoins privilégiés des difficiles temps anciens, un des fleurons de nos réserves naturelles : le genévrier.
Rare en Belgique, avec ses airs tantôt guindés, tantôt hirsutes, peu de gens l’identifient comme espèce sauvage, alors qu’il est le seul résineux authentiquement indigène de nos contrées. Il est comme l’if, assimilé à une plante ornementale.

C’est vrai qu’il n’a pas grand chose pour lui, le bougre. Il ne fait presque pas de bois, n’est  pas très beau, et surtout ne se laisse absolument pas caresser! Même les moutons le boudent. «Sa présence révèle une dynamique de végétation bloquée par le pâturage des moutons, seuls les genévriers sont passés outre leur appétit.» (visoflora.com)
Et pourtant, moi je l’aime parce que par un grand mystère, là où pousse le genévrier, se cache tout ce que j’aime : l’herbe sèche et le grillon, l’orchidée et la vipère, l’alouette lulu et même un bleu de ciel incomparable (rarement présent quand je prenais les photos…). Là où pousse le genévrier, les maisons sont rares, la foule et les voitures absentes. Les cailloux roulent encore librement sous les pas, la terre poussiéreuse invite à s’asseoir.

Et puis… et puis il y a ces perles rares, ce bonheur des cuisinières et autres amateurs de péquet (peket en wallon), le genièvre wallon.
La baie du genévrier ayant eu cette excellente initiative de se développer sur deux ou trois ans, on la récolte à toute heure de l’année!

« Les baies de genévrier ont bonne réputation : on les dit diurétiques, toniques, dépuratives, bonnes pour l’estomac ou si on a des rhumatismes ou de l’arthrite.
En tout cas, utilisées entières ou concassées, elles aromatisent le gibier, la volaille, le porc, la choucroute, les charcuteries, sans oublier le gin et le péket.
On trouve des genévriers aussi bien dans toute l’Europe qu’en Amérique du Nord ou en Asie.
Des papyrus égyptiens datant de 2800 ans avant notre ère le mentionnent.
Mais les baies de genévrier donnent surtout du relief à des cuisines roboratives et savoureuses.
On fait notamment une excellente préparation de lapin avec de la bière, des baies de genévrier, des oignons, du laurier, de l’ail et du romarin.
C’est à se lécher les doigts. » (extrait de ce site)

Humour

J’espère que vous avez, tout comme moi, l’honneur de faire partie des 756 Français qui ont reçu en moyenne un chèque de 380 000 euros au titre du bouclier fiscal.
Mais bon Dieu, je vais en faire quoi de tout cet argent ?

Le moineau friquet

Il semblerait que les effectifs de moineaux friquets diminuent un peu partout. Il est vrai que j’en vois un peu moins à chaque hiver. Les derniers mois, seuls quelques-uns ont fréquenté mon poste de nourrissage.


Par contre, ils semblent réapparaître comme par magie au printemps. Avec l’installation de nichoirs, j’ai réussi à fixer une petite colonie autour de la maison. Ce printemps semble bien démarrer pour eux, trois couples sont en train de visiter les nichoirs. Il faut dire que cette espèce est sociable et les moineaux friquets peuvent nicher en colonie, très près les uns des autres.

L’un des couples vient de s’installer dans un nichoir qui est juste devant la fenêtre de la cuisine. Voici quelques photos faites hier à travers la vitre.

Pharoah Sanders

Un article proposé par Thierry
Hommage à Pharoah Sanders dont j’ai toujours pensé qu’avec un son de cuivre unique et inventif, un timbre inédit, un vibrato qui va de la douceur à la gravité avec beaucoup de profondeur, a le pouvoir de vous envoyer en quelques notes les oreilles bien ailleurs.
C’est un bonhomme qui me fait bien vibrer. Une bonne gueule. Une vrai gueule. Pas très connu, en tout cas moins d’aura qu’un John Coltrane ou un Stan Getz.
Je vous propose de vous le faire connaître un peu, a travers 4 morceaux, trouvé sur le net. Cela ne représente pas toute son oeuvre J’espère que vous partagerez ce type de jazz avec moi.

Son vrai nom est Farrell Sanders. Il est né le 13 octobre 1940 à Little Rock Arkansas. Musicien d’une grande créativité, il est un des piliers de l’avant-garde jazz, du free, du hard-bop et du post-bop. Multi-instrumentiste incroyable mais ayant toujours privilégié le saxo ténor.
Il débute à Oakland en Californie puis part pour New-York en 1962. Il possède un des sons de saxo ténor des plus distinctifs dans le jazz, très riche harmoniquement, sa sonorité peut être la plus crue et la plus abrasive qu’un saxo puisse produire. Il se fit un nom en partie avec un free jazz très expressionniste et anarchique dans l’ensemble de John Coltrane au milieu des années 60. Il a également travaillé avec Sun Ra dans ces années là  c’est d’ailleurs là qu’il reçut son surnom. Etc..

31 albums en solo – 9 avec John Coltrane – 11 en collaboration, dont le dernier en 2006 avec un autre grand : Kenny Garrett. Le label Impulse réédite et remastérise ces plus grands albums, une joie.

Aujourd’hui c’est un  saxophoniste de légende. En avril 2009, il s’est produit au New Morning, voici ce que dit alors le journaliste du Monde : « Son de baleine en rut, faisant flèche de tout cuivre, tapotant les tampons en cadence, se jouant du tempo, le souffle continu, l’espagnolade inspirée, cheveux et barbe de neige, n’hésitant pas à faire couiner le public, aussi hiératique dans la posture (épaules immobiles, doigts effleurant) que monstrueux de joie et d’énergie, Pharoah Sanders démontre un théorème réjouissant : il y a un avenir pour le passé ».
Cliquer ici pour accéder au site officiel de Pharoah Sanders.

Tiré de Karma (1969), cet excellent morceau, très riche en instruments, de 33mn. Malheureusement, ici  sans image. Faites un majong ou un solitaire, et montez le son. C’est trop bon.

Jewels Of Thought (1970). 2 titres dont le fameux Hum-Allah-Hum-Allah-Hum-Allah

Thembi (1971), un album dans les étoiles. Le premier morceau : Astral Traveling

Elevation (1974), un album free, ouvert sur les musiques du monde (cliquer ici pour accéder à l’écoute de l’album).

Le vieux lierre et l’écureuil

Les vieux lierres sont précieux. Toutes sortes de bestioles y trouvent refuge. C’est ainsi qu’en ce moment, et depuis le début de l’hiver, un petit groupe de moineaux a pris l’habitude de dormir chaque nuit dans l’énorme lierre qui entoure le bouleau à l’entrée de ma propriété. Mais ils ne sont plus les seuls depuis quelques jours : un écureuil est en train d’y construire son nid. Joëlle et moi l’avons vu à plusieurs reprises en train d’y transporter des matériaux. A chaque arrivée, l’écureuil en question passe sous ma voiture avant de grimper au tronc d’arbre et j’ai du mal à en comprendre la raison.

Mais le lierre est dense et je n’ai pas réussi à localiser le nid (ou le début de construction du nid), tant celui-ci semble caché.

Par contre, les écureuils sont bien moins discrets sur le rebord de la fenêtre de la cuisine où ils passent parfois plusieurs heures par jour, comme en témoignent ses nombreux restes de nourriture qui tombent sous la fenêtre.

L’écureuil est le mammifère sauvage que je vois le plus, tant il fait partie de ma vie quotidienne. Il se déplace sur les murs de la maison, s’agrippant au crépi avec une aisance déconcertante. Il m’est arrivé de le voir faire le tour entier de la maison, alors qu’il se déplaçait avec rapidité en diagonale sur le mur, pour échapper à mon regard alors que je faisais moi aussi le tour de la maison.

Plusieurs personnes ont du mal à croire qu’il peut se déplacer sur les murs avec aisance (pour peu que le crépi du mur soit un peu rugueux). Il suffit pourtant de regarder les griffes de l’animal pour se rendre compte que cela doit lui être extrêmement facile.

Une nouvelle espèce pour la Franche-Comté

Hélas, ça devait bien finir par arriver ! Avec plusieurs milliers de tonnes de sel déversées sur les routes du département du Doubs, dont 88 tonnes à Besançon lors d’un seul week-end de décembre, il était évident que la qualité des eaux, et notamment les espèces aquatiques, allaient subir à court terme les effets d’une telle pollution.

Dans un article paru le 5 janvier dernier dans l’Est Républicain, les membres de la Commission de Protection des Eaux avaient déjà attiré l’attention des pouvoirs publics, notamment de la direction départementale de l’équipement mais aussi de la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon, sur les « possibles répercussions de ces quantités énormes de chlorure de sodium sur les poissons ». Sans effet semble-t-il sur nos décideurs car l’utilisation du sel a continué pendant tout l’hiver.

La pêche de deux sardines (Sardina pilchardus) par M. Bertrand Faivre samedi dernier sous le pont Battant à Besançon n’est donc qu’une demi-surprise pour le monde des biologistes.


Le délégué régional de l’ONEMA (Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques) l’a redit hier dans la presse locale : « Tous les indicateurs dont nous étions en possession depuis quelques années nous faisaient supposer une arrivée prochaine de la sardine jusqu’au niveau de Valence, voire de Lyon. Mais de là à aller jusqu’à Besançon … ! ».

Sous la pression des associations membres de Franche-Comté Nature Environnement, les services de la toute nouvelle DREAL (fusion de la DIREN et de la DRIRE) se sont associés à l’Agence de l’Eau pour demander au Ministre de l’écologie et du Développement Durable de mettre en place un « Observatoire de la progression des espèces marines en eau douce » sur l’ensemble du bassin Rhône-Méditerranée-Corse.

Je ne suis pas certain que la Franche-Comté puisse s’enorgueillir de la présence d’une nouvelle espèce invasive dans notre région.

Parc éolien : une énergie dans le vent ?

Un article proposé par Yves


Voilà un moyen de produire de l’énergie qui a du mal à se faire accepter dans nos campagnes. Une vraie source de conflits entre des réseaux qui se forment de militants pro et anti-éoliens  bien-sûr, sans oublier les riverains des futurs parcs éoliens qui sont de plus en plus actifs face à ce sujet. L’impact visuel, le bruit, les mauvaises ondes, les risques pour les oiseaux migrateurs …. On peut trouver beaucoup de désagréments à ce moyen de production d’énergie .

Alors moi cela me fait penser à cette phrase :

« C’est une bonne chose pour l’environnement mais , tant que c’est très loin de chez moi »

Ne faudrait-il pas une meilleur information de la population locale et surtout de La transparence de la part des entrepreneurs ?

L’argument principal en faveur de l’énergie éolienne a trait au caractère propre de la production et décentralisé qui laisserait une planète moins polluée pour les générations futures. Mais il est pourtant difficile en France de la mettre en place. Beaucoup de problèmes législatifs, le choix des emplacements, question délicate qui demande au préalable l’adhésion des communes concernées qui subissent des tas de pressions .

Alors , il est vrai que ces éoliennes gâchent notre contemplation de la nature autant que les panneaux solaires font moches sur les toits. Mais n’est-il pas grand temps de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, notamment le CO2 ?

Pour vous , Quelle énergie la France doit-elle développer en priorité ?

Nucléaire, solaire, éolien, biomasse ….

Ou continuer jusqu’à la dernière goutte avec l’énergie fossile ?

Pour moi le sujet et très ambigu.

La buse et le mulot

Il y a quinze jours, alors que j’étais camouflé dans mon affût dans l’attente d’un hypothétique milan noir qui n’a pas daigné montré le bout de son aile, une buse variable, au plumage clair très original, est venue se poser devant moi. Je pensais qu’elle était intéressée par les déchets de viande que j’avais mis pour le milan, mais visiblement non.

Et puis je me suis rendu compte qu’elle venait de capturer un mulot que je n’avais pas remarqué sur le moment. Elle ne l’a pas mangé sur place et l’a emporté. Sans doute ne se sentait-elle pas en sécurité en étant aussi près de mon affût.

La carotte jaune du Doubs

La Franche-Comté n’est pas une terre de tradition maraîchère. Pour cette raison, les variétés de légumes typiquement originaires de cette région sont rares (on ne peut pas habiter la plus belle région de France et avoir tout le reste, faut quand même pas exagérer !).

Je ne connais que deux variétés qui semblent venir de Franche-Comté. La première, à vrai dire, je ne la connais que par son nom et ne l’ai jamais vue. Et pour cause ! Il s’agit du mythique pois de Frasne, originaire du Haut-Doubs, qui semble avoir disparu de la circulation à tout jamais.

Par contre, je connais bien l’autre variété. Il s’agit de la carotte jaune du Doubs. C’est l’une de mes carottes préférées.

La semaine dernière, mon frère a labouré le jardin qui est en plein champ. Je me suis aperçu dimanche que le soc de la charrue avait retourné une carotte que j’avais oubliée de récolter. La carotte était coupée en deux, elle était de taille impressionnante. J’ai récupéré ce qui était récupérable. Malheureusement, je n’ai pensé à la photographier en vue de cet article qu’une fois épluchée. Mais les photos donnent quand même une idée de la taille de la carotte entière.


Cette variété semble originaire du début du 19ème siècle. A l’époque, on l’appelait jaune obtuse du Doubs (en référence aux Francs-comtois que d’aucuns jugent très « obtus » ?). Elle fut présentée pour la première fois dans le catalogue Vilmorin-Andrieux en 1885. Depuis, on la trouve dans un certain nombre de catalogues, elle n’a donc pas complétement disparu. J’ai acheté mes graines chez Baumaux.


Sachant que débute la période des semis de carotte, je vous conseille donc cette très bonne carotte, très sucrée, et qui, de surcroît, a une capacité de conservation étonnante (je les laisse en pleine terre tout l’hiver).

Guignolesque

« La démocratie républicaine et parlementaire ne peut pas continuer à fonctionner avec des gens qui ne respectent pas la signature qu’ils ont donnée ».
(Nicolas Sarkozy, 10 septembre 2009)

Effectivement, dans ces conditions, notre démocratie peut-elle continuer à fonctionner ainsi ?

Elections régionales (3)

Deuxième petite réflexion personnelle par rapport à ces dernières élections.

En période électorale, il est toujours délicat de chercher à « ratisser large ». ça peut marcher mais ça peut aussi foirer ! C’est ce qu’on appelle le « siphonnage des voix ». Aller sur le terrain du Front National peut permettre de lui piquer des électeurs mais peut aussi servir à alimenter ce parti. C’est un peu le système des vases communiquant. Et dans « communiquant », il y a « niquant ». Qui va réellement niquer l’autre ?

Par le passé, le thème de l’insécurité a été une bonne tactique pour la droite pour prendre des voix au Front National qui était alors à un niveau très élevé. Mais cette fois-ci, le Front National étant à un niveau plutôt bas, comme l’ont montré les derniers rendez-vous électoraux, et ayant atteint sans doute son niveau d’étiage (son niveau irréductible, constitué du noyau dur), il y avait fort à parier que le siphonnage des voix allait jouer dans l’autre sens. En d’autres termes : le FN ne pouvait que remonter. Et c’est ce qui s’est passé. Nul doute que le débat sur l’identité nationale a été une erreur de stratégie et qu’il n’a servi qu’à alimenter un parti d’extrême-droite cherchant les moyens de revenir dans l’arène politique.

(ce dessin humoristique, réalisé par Na, est extrait de ce site)

Mais là n’est pas l’essentiel de mon propos.

Deux choses m’ont frappé dans ce retour du Front National.

La première est qu’il ne s’agit plus tout à fait des mêmes électeurs qu’autrefois. Il n’y a pas beaucoup de points communs entre l’habitant de Nice ou de Cannes qui vote FN et le chômeur du nord de la France. Ni entre le petit vieux du fond de la Haute-Saône qui a peur de l’étranger et le banlieusard parisien qui n’arrive plus à joindre les deux bouts, bien qu’il ait un travail. Ces élections montrent que le FN s’installe sur le terreau de la précarité, plus encore que sur un rejet de l’étranger. Et comme cette même précarité s’installe elle-même de manière durable (qui croit encore à la sortie du tunnel ?), tout porte à croire que la marge de progression du FN est énorme.

La deuxième chose concerne le nouveau style du FN. Tout comme l’abstentionniste de ces élections est devenu un « abstentionniste décomplexé » (voir mon dernier article), l’électeur « dernier cri » du FN est devenu un « frontiste décomplexé ». Il n’a plus honte de dire qu’il est FN. Tout le monde dans le Nord cherche à se faire photographier sans complexe aux côtés d’une Marine Le Pen souriante et qui a fait, il faut malheureusement le reconnaître, une vraie campagne de proximité. On ne s’affichait pas avec Le Pen Père, on le fait volontiers avec Le Pen Fille. Elle a « respectabilisé » ce parti jadis infréquentable. Et c’est elle qui en a repris le flambeau.

Le danger est donc là aujourd’hui : un parti complétement relooké qui s’appuie sur un public grandissant (les victimes de la précarité).

Ce parti sera plus difficile à contrer. Les arguments tels que  « lutte contre la xénophobie » ne suffiront plus. Malheureusement.

Elections régionales (2)

Les élections régionales seront à l’honneur de ce blog pendant toute cette semaine, actualité politique oblige. Les articles ne seront pas très politiques, au sens partisan du terme (je pense qu’il est inutile d’en rajouter).

Je voudrais commencer cette série d’articles par une réflexion personnelle sur l’abstention. On cite souvent, parmi les raisons de cette abstention, le fait que la politique se résume souvent à des mots, des promesses, et qu’il n’y a pas beaucoup de mesures concrètes derrière. En deux mots, les gens en auraient marre du politique et de leurs paroles en l’air. Or, dans le cas présent, les trois compétences des conseils régionaux sont très concrètes et bien identifiées (le développement économique, l’aménagement du territoire et les transports, la formation professionnelle et les lycées). Il suffit de s’intéresser un minimum à la vie de la région (lire la presse régionale par exemple) pour comprendre que les choix qui sont faits au conseil régional interviennent de manière importante dans nos vies quotidiennes.

Il y a aujourd’hui, dans notre pays, de plus en plus de gens qui se désintéressent de plein de sujets et notamment de ceux qui relèvent des compétences des Régions (mais aussi des Départements, des Communautés de communes …). Le problème n’est pas, à mon sens, que les gens ne s’intéressent pas aux élections régionales mais plutôt qu’une majorité d’entre eux n’en a rien à foutre de la politique en matière de lycées, de formation professionnelle, de transport, d’économie …

Non, le problème le plus grave à mes yeux n’est pas forcément le manque de confiance dans le politique, mais bel et bien ce désintérêt de « la chose publique » qui affecte un nombre grandissant de nos concitoyens.

Ce qui m’a le plus gonflé, dans la presse (de gauche surtout) de la semaine dernière, ce sont ces « abstentionnistes décomplexés » qui s’expriment à découvert et qui donnent aujourd’hui leurs multiples raisons de ne pas aller voter. L’abstention était jusqu’à maintenant une maladie honteuse que personne ne revendiquait, aujourd’hui c’est plutôt « branché ». Evidemment, je comprends les raisons de chacun. Sauf que ne pas voter, ce n’est pas faire de l’abstention un acte politique à part entière comme on essaie de nous le faire croire depuis la semaine dernière (y compris dans un journal sérieux comme le Monde), mais aller se mélanger à la cohorte des gens qui n’ont rien à foutre de l’intérêt général.

En Afghanistan, chacun va voter sous les bombes. Ici, on reste chez soi. Nous vivons dans un monde de gavés, non ?

Patrick Topaloff

Un article proposé par BF15
Mauvaise période pour les chanteurs français, cette sortie d’un hiver qui a été un peu plus rude qu’à l’habitude (à vérifier avec des températures et des quantités de neige tombées) voit plusieurs d’entre eux disparaître : dimanche dernier, Bernard ne pouvait faire l’impasse de Jean FERRAT et quel superbe choix que la vidéo « Nuit et brouillard ».
Mais pour repasser à un climat plus détendu, je viens vous parler ce dimanche de la disparition de Patrick TOPALOFF, juste une semaine avant FERRAT ; quelle perte pour la chanson française !!!
Aussi, je vous propose un dimanche musical autour de cette grande figure de la gaudriole.
Commençons par un tube précurseur du rock avec sonorités de musique arabe : Ali be good

Ensuite, on ne peut faire l’impasse sur la collaboration de TOPALOFF, avec une autre gueule : SIM, décédé lui aussi. Ces 2 monstres ont réalisé une parodie de John Travolta & Olivia Newton-Jones dans le film Grease, qui s’intitule « Où est ma chemise grise ? » , en arrière-plan, on remarque quelques passages du film.

Enfin le tube absolu de TOPALOFF, je veux bien sûr parler de « J’ai bien mangé, j’ai bien bu », qui a fait le tour des cantines et des buvettes de supermarchés, bien avant que José BOVÉ ne s’insurge contre la malbouffe. D’abord, cette chanson dans une version originale des paroles et de la musique sorties en 45 tours :

Puis dans une version en concert, lors de la tournée des anciens de la chanson française : « Âge tendre et tête de bois ».

Bon dimanche à tous et salut l’artiste !!!

PS : Autre grand disparu de la semaine : Peter GRAVES, Monsieur Phelps qui accepte toutes les missions impossibles.
Je  n’en dis pas plus car cet article va s’autodétruire dans quinze secondes….

Grrrrrrrrrr………….. schruffffffffff………….sgbraaaaaf !!!!!!

Premiers papillons

Avant-hier 17 mars, le premier papillon de l’année volait derrière la maison. C’est mon premier papillon de l’année. Il s’agissait d’un citron.

Et si vous notiez dans vos commentaires la date à laquelle vous apercevez chacune des espèces de papillons ? On pourrait ainsi comparer nos observations d’une région à l’autre (ou d’un pays à l’autre, je pense par exemple à notre ami Belge).

Peut-être que vous en avez déjà observé d’ailleurs. Essayez alors de vous souvenir de la date.

En direct de la nature estonienne (2)

Nos amis Estoniens continuent de nous offrir en direct sur leur site des images extraordinaires de leurs sangliers, élans, phoques et rapaces. De plus, ils se livrent à de belles expériences. L’autre jour, le type qui est venu apporter de la nourriture en forêt est resté assis sur le site et a attendu que les sangliers s’approchent de lui. C’était un beau moment.


Mais le document le plus exceptionnel est sans doute l’accouplement sur le nid de cet immense rapace qu’est le pygargue à queue blanche. EN CLIQUANT ICI puis en allant cliquer, une fois la page affichée, sur See video – March 11, vous prendrez sans doute beaucoup de plaisir au spectacle (mais sans doute moins que les pygargues eux-mêmes !).


De belles images en perspective pour ce printemps avec la naissance puis l’élevage des jeunes en direct !

Et pour quelques tomates de plus …

ET POUR QUELQUES TOMATES DE PLUS…
DU WESTERN SPAGHETTI A LA SAUCE TOMATE.
Un article proposé par Thierry

Almería, entre Méditerranée et la sierra de Gador, là ou furent tournés les westerns de Sergio Léone : Pour une poignée de dollars (1964) ; Pour quelques dollars de plus ; Le bon la brute le truand (1966). Ce désert infini aux paysages magnifiques, posé au pied de la mer n’est plus. Aujourd’hui c’est 30000 serres en plastique sur 40000 hectares.

La tomate est le fruit le plus consommé en Europe. Depuis 1995, l’Espagne (Almería et Murcia) vend environ 900 000 tonnes de tomates fraiches, dures, farineuses et insipides.. C’est le 1er exportateur d’Europe, le 3ème mondialement derrière le Mexique et la Syrie. Suivent les Pays Bas et la Turquie.
Son exploitation c’est environ 110 000 ouvriers agricoles dont 80 à 95 000 étrangers (marocains 50%, subsahariens, latinos et roumains). Parmi eux 20 à 40 000 sont illégaux. Ils vivent dans des HLM ou des cabanes (cortijos) au milieu des serres, des matériels et des produits chimiques. Le salaire officiel est de 44,40€/jour. Pour ces illégaux c’est 32 à 37 €/jour non déclarés.
La culture de la tomate est très dispendieuse en eau et produits phytosanitaires (dont les plus dangereux sont sous la peau, invisibles, comme pour bien d’autres fruits et légumes).
L’expédition se fait par camion semi-remorque. C’est 500 départs par jour 7/7. Il n’y a pas de législation européenne. Les chauffeurs viennent d’Ukraine, de Bulgarie.
Le salaire d’un routier bulgare est de 1 200 € mensuel alors que celui d’un espagnol varie entre 2 500 et 3 000 €.
Le succès de cette tomate vient de sa dureté (jusqu’à la manipulation du client dans le magasin). C’est la variété Daniela mise au point en 1989. Elle sort des serres à 50 cts /kg. Arrive à 2 € en France.
En consommation (2009) les grecs sont champions : 61 kg / habitant / an, danois 32, italien 31, espagnol 17. Et les français 14 kg seulement.
On pourrait ce dire d’aller voir ailleurs pour nos achats, mais pour celles qui viennent des Pays Bas, Maroc, Belgique ou Bretagne, c’est du même tonneau.

Ainsi vos habitudes de consommation ne sont pas sans conséquences. Dans un kilo de tomate on trouvera : un goût insipide ; l’exploitation féroce des immigrés ; celle des chauffeurs routiers venus de l’Est ; la pollution produite par les camions ; les profits de la grande distribution.
Et, in fine, une réflexion sur la mondialisation des échanges commerciaux.
En hiver on peut manger : carotte, chou, endive, cresson, fenouil, navet, potiron, radis noir, topinambour, pissenlit, panais, épinard, asperge, poire, pomme, etc.

Quatre liens à aller consulter :
Sous les serres torrides d’El Ejido
Fruits et légumes pestiférés
El Ejido, la loi du profit
Quatre questions à Jawad Rhalib

Article tiré du reportage du mensuel Le Monde diplomatique. Mars 2010