Les changements climatiques, pour terribles qu’ils soient, peuvent tout de même être mis à profit par la jardinier observateur. Ainsi, les années passées, on a pu prolonger de plusieurs semaines les récoltes de toutes sortes de légumes grâce à des automnes globalement beaux (d’autant plus que l’augmentation des vents au fil des années s’accompagne sur mon secteur de la vallée de l’Ognon d’une baisse importante des brouillards, ceux-ci étant vite dispersés par les mouvements de l’air). Mais ce qui semble être la tendance observée (par exemple des automnes de plus en plus beaux) n’est pas forcément quelque chose d’acquis. Exemple : alors que je m’étais habitué à récolter des haricots frais tout l’automne (parfois même jusqu’au début novembre), l’an passé avait failli à ce que je croyais être devenu la règle et plusieurs de mes plantations n’ont pas eu le temps de produire quoi que ce soit.
Cet été, après les premières récoltes de toutes sortes de légumes (pommes de terre, courgettes, concombres, tomates …) j’ai eu soudainement beaucoup de place au jardin. Alors j’ai semé des tonnes de haricots (jen ai semé jusqu’à la fin août) me disant que cette année je serais très vigilant. L’automne est arrivé apportant son lot de soleil mais avec des nuits tout de même plus fraîches que d’habitude (déjà trois matinées de gel).
J’avais semé tellement de haricots en août (environ 150 poquets de 9 haricots chacun) que j’ai décidé de les protéger à tout prix. Et je me suis dirigé vers un truc que je connaissais mais qui est peu utilisé ici : les voiles de croissance.
C’est très léger (17 g seulement par m2) mais c’est terriblement efficace. Et ce n’est pas cher du tout (autour de 4 € et des bananes la bande de 5 mètres de long … pour savoir le prix précis vous pouvez consulter sur internet le cours de la banane !).
Sans doute que la nuit on y gagne quelques degrés seulement (ce qui est suffisant pour protéger du gel) mais en journée, quand le soleil est là, la différence est bien plus grande, une petite atmosphère chaude règne en permanence sous le voile. Et ces voiles protègent des vents. Résultat des courses : alors que les haricots de mon frère (semés tardivement comme les miens) se sont bruquement arrêtés de produire en raison des nuits froides, les miens donnent à tire-l’haricot (ha ha !).
A noter toutefois que le fait d’enlever les voiles (pour cueillir les haricots) et de les remettre ensuite est assez chiant.

Tous les deux jours, je cueille de quoi faire trois ou quatre plats et certains semis de haricots ne vont commencer à produire que d’ici une semaine.
Ce matin, la nature était entièrement gelée au début du jour mais mes plantes protégées du voile ont continué à produire comme jamais, voir la photo (toutes les images de cet article ont été faites ce matin).
Cette technique du voile de croissance m’ouvre énormément de perspectives. Et vous, vous l’utilisez ?











































































