Je vous ai déjà parlé du pingouin torda et du guillemot à miroir.
Il existe dans l’hémisphère nord une troisième espèce de la famille des alcidés : le Mergule nain (qui ne niche pas en France, contrairement à ses cousins).
Je vais rencontrer ce soir (elle vient à un concert privé donné par Sylvain) la spécialiste française des mergules nains qui participe à des missions internationales chaque année au Groeland (il y a là-bas des concentrations incroyables de cet oiseau).
Je vous en dirai plus demain dans les commentaires.
Mais en attendant, comme je sais que vos neurones vieillissent et que vous avez besoin de petits exercices mathématiques … tout du moins d’arithmétique parce qu’à vos âges il n’est plus question de faire des maths d’un niveau un peu supérieur (primitives, intégrales, vectoriels, équations à plusieurs inconnues…), je vous propose juste l’exercice suivant : combien y a-t-il de mergules nains qui passent au vol devant cette caméra (la vidéo ne dure que 38″) ?
Oiseaux
Nos amis à plumes
Mouette tridactyle au cap Blanc-Nez
Côte d’Opale ! Un endroit magnifique où l’on peut se retrouver quasiment seul sur la plage du Cap Blanc-Nez, même en plein après-midi du mois d’août, …
… et ou l’on peut voir les côtes anglaises (d’où d’ailleurs le célèbre proverbe local : « Quand tu vois la côte anglaise, c’est qu’il va pleuvoir. Si tu ne la vois pas, c’est qu’il pleut déjà ! »)
Parfois une belle surprise avec une jeune dame qui danse sur la plage (et ça m’a fait penser à la chanson de Brel, « Sur la place », l’une de ses premières chansons) !
Mais dans le Nord de la France, rien n’est pareil qu’ailleurs, même chez les oiseaux ! (à noter que vous pouvez cliquer sur les images pour les avoir en meilleure qualité)
Les Aigrettes trempent leur pattes dans des pots de peinture …
…Les goélands, avec des cris sadiques, vous survolent en permanence pour vous chier dessus (ou éliminer leurs excès de bière !)…
… les grands cormorans ont deux têtes …
… ils se prennent parfois pour des rapaces…
… ils se plaisent à dire la messe en plein air (à moins qu’ils ne jouent aux pervers pépères en espérant qu’une ondine va sortir de l’eau) …
… tandis que les mouettes tridactyles ont deux têtes, deux queues, quatre pattes et quatre ailes (à moins que ça ne soit un effet d’optique lié à la consommation des bières admirables – notamment celles de la brasserie Noyon – que l’on peut boire dans le Pas-De-Calais).
A propos des mouette tridactyles, il y a 2 456 couples nicheurs au Cap Blanc-Nez en 2019, c’est de loin la colonie la plus importante de France (la deuxième, avec 1 333 couples, étant celle, toute proche, du port de Boulogne-sur-Mer, en milieu urbain donc ; hasard des chiffres, les deux colonies du Département 62 totalisent 62% de la population nationale).
Lorsque nous y étions, du 16 au 23 août dernier, les mouettes avaient fini de se reproduire, la plupart étaient déjà en mer, sans doute même en haute mer, il en restait très peu sur le site, mais certaines venaient encore se poser régulièrement sur les nids. Par chance pour le photographe, il y avait des jeunes qui volaient depuis peu et qui suivaient souvent les adultes en quémandant leur nourriture, j’adore leur plumage …
… et leurs allures de bécasseaux quand ils sont au sol.
J’ai passé la semaine entière à les photographier. Un Dupdup c’est pas compliqué, vous le posez là le matin avec un appareil photo, vous venez le rechercher le soir, il n’a pas bougé du tout. Quand il sera vieux sur un fauteuil roulant à L’Ehpad, il suffira que le matin l’auxiliaire de vie le mette devant un nid de moineau et vienne le rechercher le soir au moment du coucher ! Enfin, on n’en est pas encore là …
Evidemment, j’ai fait énormément de photos (sans doute 700-800 juste pour les mouettes tridactyles). J’ai énormément de mal à les trier. Je voulais en mettre juste une dizaine mais finalement, en voici quand même une trentaine, présentée simplement dans l’ordre où je les ai prises (car en vieillissant, on devient flemmard, ce n’est pas vous qui allez me contredire !).
Mon nouvel affût
Dans ma petite vie de photographe animalier, il m’est souvent arrivé de construire un nouvel affût pour observer les oiseaux. Et lorsque je le décidais, une frénésie me prenait et il était construit dans l’heure qui suivait. C’est à peu près ce qui m’est arrivé le 29 juillet dernier. Un affût discret, difficile à voir, même lorsqu’on passe devant …
J’ai contruit cet affût à 50 mètres de ma cabane habituelle devant laquelle je nourris les rapaces (buse variable et milans). Deux raisons à cette nouvelle construction : avoir le sud derrière soir (pour une meilleure lumière, sans contrejour, ce qui me permet de faire des photos à toute heure de la journée) et avoir des plans photographiques différents, notamment parce que le fond, constitué d’une forêt, est sombre.
Je n’ai pas encore beaucoup utilisé cet affût (quatre séances seulement) mais voici quelques images des deux premières séances (on remarquera au passage un petit passereau que vous reconnaîtrez sans doute). Les photos sont présentées par ordre chronologique. Je rappelle qu’on peut agrandir les images en cliquant simplement dessus.
Juste quelques traces …
Un épervier attaque une mésange. La scène est extrêmement rapide, fugitive. Elle se déroule là, juste devant mes yeux, à moins d’un mètre de moi. Quelques secondes plus tard, il ne reste rien de cela. Seule la vitre de la fenêtre de la cuisine garde quelques souvenirs de la scène.
Je passe un coup de chiffon, et hop il ne reste rien.
Ainsi va la vie, ainsi va la mort …
Une journée d’affût « historique » !
Ce blog est en congé estival et ne reprendra que le lundi 19 septembre.
Pour ce dernier article, comme je l’avais promis à Jacqueline (la doyenne de ce blog, mais il paraît qu’on ne dit jamais l’âge des dames), voici un article sur les milans.
« Mes » rapaces savent que je leur suis fidèle. Depuis plus de 40 ans, je les nourris devant ce que j’appelle « la cabane », petit abri dans lequel je me camouflue et à partir duquel j’observe quelques espèces (quand il se passe quelque chose… car rien n’est jamais garanti !). Certaines années, je ne les nourrissais que 10 fois par an (j’habitais à 17 km de là, ce qui explique un peu les choses) mais depuis deux ans, c’est plutôt 70 ou 80 fois chaque année.
Pendant longtemps, les rapaces venaient peu (une buse une séance sur deux, les milans une ou deux fois chaque printemps) et, mis à part les périodes prolongées de gel intense (on atteint facilement les -15°C en Franche-Comté) qui voyaient l’affluence de plus de rapaces, je me satisfaisais de ce que je voyais. C’était souvent peu, mais c’était toujours beaucoup pour moi (les adeptes de l’affût savent que le fait de voir ou de ne rien voir a relativement peu d’importance au final). En tous les cas, j’y trouvais largement mon compte.
L’an passé, les choses se sont accélérées. Beaucoup de rapaces ! Par contre, le début de cette année 2022 ne fut pas à la hauteur des espérances, tout a été très calme alors que je m’attendais à une reprise « sur les chapeaux de roue ». La présence permanente du milan royal (qui se reproduit maintenant à Bussières) a été malgré tout le grand événément de « la cabane » (presque tous les jours au vol, quasiment jamais posé).
Et puis il y a eu l’affluence des dernières semaines … !
J’ai dû faire au moins une cinquantaine de séances d’affût depuis le début de l’année. Bien évidemment, mes images vont finir leur vie au fond de mon ordinateur et je ne sais même pas si je prendrai le temps de les regarder et de les trier un jour … C’est un peu là mon paradoxe, j’adore faire des photos mais je me fous un peu des images réalisées … Je ne suis sans doute pas le seul photographe animalier à être dans ce cas.
Dans cet article, je ne voudrais montrer que des images faites au cours d’une seule séance, afin de montrer la richesse des observations que l’on peut parfois faire en un temps très court. La séance en question s’est passée avant-hier 15 juillet, c’était une séance faste (4 buses variables, 17 milans posés en même temps devant moi, dont 2 milans royaux), la plus belle séance que j’aie jamais faite en 40 ans. Je dis ‘la plus belle » mais au final il n’y avait personne d’autre que moi dans l’affût et je n’ai partagé avec personne ce « moment historique » . Un bémol donc car j’aurais aimé que Michel, Bruno, Jérôme, Christian, Philippe, Christophe ou Joëlle soient là. Mais voilà, même tout seul, le coeur battait fort, très fort même !
La première photo montre l’ampleur de la mêlée (parfois on se croirait à un match de rugby), ça ressemble fort à la curée des vautours !
Voici 40 photos (sur les 400 réalisées), présentées de manière chronologique sans commentaires de ma part (j’ai la flemme d’écrire, la chaleur estivale en est sans doute pour quelque chose, le peu de force que j’ai … je la garde pour décapsuler une ou deux bières !) (à noter que vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir).
Mis à part deux images de buse variable, toutes les photos concernent le milan noir et le milan royal (voir les différences entre les deux espèces sur les deux premières photos qui suivent). Si vous avez du temps, vous pouvez chercher à identifier les jeunes fraîchement sortis du nid.
Merci pour avoir eu le courage d’aller jusqu’au bout des images !
La suite à la rentrée, le 19 septembre.
Très bel été à vous tous !
Mésanges : et c’est reparti !!!
En 2012, j’avais raconté en détail l’expérience que j’avais menée avec les mésanges venant se nourrir sur la main.
Dans les années qui ont suivi, j’ai repris tous les ans l’expérience entre juin et août. Il me fallait chaque fois autant de patience (plusieurs jours) pour qu’une mésange revienne enfin se poser.
Cette année, je n’ai pas pris le temps de refaire l’expérience en juin, j’étais trop pris par les animations dans mon jardin. Comme ma dernière animation a eu lieu avant-hier samedi, je me suis dit que j’allais ressayer mais sans trop y croire (car les jeunes mésanges sont déjà sorties du nid depuis un long moment déjà et il est sans doute bien plus difficile de les attirer maintenant alors qu’elles ont acquis au fil des semaines une certaine méfiance).
Je me suis installé sur mon fauteuil en bois hier matin dimanche (vers 6H15), avec des graines sur mon chapeau et dans les mains. Quelle n’a pas été ma surprise (alors que mon dernier contact datait de l’été précédent) de voir une mésange charbonnière adulte se poser sur ma main en moins de 2 minutes. Dans la matinée, quelques autres mésanges sont venues (4 ou 5 peut-être), uniquement des jeunes de l’année.
Ce matin, à la même heure, tout est reparti de plus belle, et les mésanges sont venues se poser sur ma main (ou mon chapeau) environ 350 fois. Il m’a semblé qu’il y avait 15 ou 20 mésanges différentes qui sont venues se poser (mais il y en a bien plus qui tournent autour de moi et qui n’ont pas encore oser faire le pas), environ moitié-moitié mésanges bleues et mésanges charbonnières, tous des jeunes mis à part l’adulte de charbonnière étant déjà venu hier.
Je vais bien évidemment continuer l’expérience tout l’été et je vous raconterai tout ça à l’automne. Et d’ici là, tous mes amis peuvent passer à l’heure de l’apéro se faire photographier avec les mésanges !
PS – Les deux images de cet article ont été faites en 2012, je n’ai pas encore pris le temps d’en refaire.
L’oeil du milan royal
J’accélère un peu le rythme de parution de mes articles car au début juillet je ferai une pause estivale sur le blog (jusqu’en septembre) et j’ai des tonnes de trucs que j’aurais envie de dire d’ici là (mais de toute façon je n’aurai pas le temps).
Mon dernier article d’avant la pause parlera de ce que je vis en ce moment à mon poste de nourrissage pour rapaces. Voici juste, en préambule de ce prochain article, une image de bisbille entre milan noir et milan royal pour vous donner l’eau à la bouche (cliquer sur l’image pour l’agrandir).
C’est tellement incroyable ce que je vis avec ces rapaces que j’ai fait un millier de photos en trois jours. 90% de ces photos sont à jeter à la poubelle, 10% sont correctes, le 1% restant a quand même de la gueule !!! A suivre donc …
Les oiseaux de l’hiver
Comme je l’ai souvent dit sur ce blog, le nourrissage des oiseaux, à partir du moment où il a été commencé, doit durer absolument jusqu’en avril, le début du printemps étant une période difficile pour les espèces granivores (verdiers, chardonnerets …) car il n’y a quasiment aucune graine disponible dans la nature avant celles des pissenlits. En ce moment, Christophe me le disait hier soir au téléphone, il y a encore beaucoup d’oiseaux au poste de nourrissage (encore 25 gros-becs ce matin devant « ma cabane ») mais la saison tire à sa fin. Le temps donc de faire un bilan.
J’ai deux poste de nourrissage, l’un qui a été très peu fréquenté (à part une grosse bande de 70 tarins), l’autre au contraire qui a reçu la visite de 32 espèces (31 espèces d’oiseaux + un mammifère), ce qui est exceptionnel pour moi (mes critères après 45 années de nourrissage d’oiseaux en hiver : 10 espèces les mauvaises années, 15 en année moyenne, 20 les bonnes années, 25 les années exceptionnelles). Il faut dire que le fait de nourrir aussi avec des déchets de viande attire 5 espèces d’oiseaux que la plupart des gens n’ont pas.
Voici ces espèces, par ordre d’arrivée au poste de nourrissage (« par ordre d’arrivée », ce qui explique le côté un peu décousu de l’article). Je n’ai pas noté les oiseaux qui sont venus et qui n’ont rien consommé, exemple du troglodyte ou de la grive musicienne qui ne font pas partie de ma liste mais qui ont fait malgré tout une apparition à mon poste de nourrissage.
Mésange charbonnière (peu abondante en début d’hiver, très nombreuses en fin de période)
Mésange bleue (de moins en moins nombreuses au fil des semaines qui passaient)
Mésange nonnette (abondance exceptionnelle en début de période, diminution rapide à partir de février)
Sittelle torchepot (un couple tout l’hiver)
Rouge-gorge (én général un seul, disparition au 15 mars)
Verdier d’Europe (deux ou trois seulement, une dizaine pendant quelques jours en mars)
Pinson des arbres (très abondant, jusqu’à 35, encore très présent en avril)
Pic épeiche (un mâle en début de période, une femelle toute la saison jusqu’au début avril, encore présente hier)
Merle noir (onze maximum en janvier, disparition dès février)
Pie bavarde (7 en janvier, peu nombreuses le reste du temps)
Geai des chênes (un seul pendant tout l’hiver)
Buse variable (une buse très habituée venant tous les jours, trois autres plus occasionnelles)
Héron cendré (présent tout l’hiver, une ou deux fois par semaine)
Gros-bec (un vingtaine en permanence, jusqu’à 40 en mars)
Chardonneret (très peu, 2 maximum)
Moineau domestique (un couple)
Ecureuil (un seul en début de période)
Accenteur mouchet (un seul tout l’hiver, encore présent en avril)
Corneille noire (2 seulement, absentes depuis février)
Grand corbeau (l’observation la plus extraordinaire à mon poste de nourrissage, jusqu’à 7, mais ont disparu fin février)
Epervier d’Europe (une femelle, attaques régulières sur les petits passereaux)
Milan royal (trois maximum, dès le 13 janvier soit un mois plus tôt que d’habitude)
Grive litorne (une seule le 18 janvier)
Bruant jaune (dès le 21 janvier, jusqu’à 15 au début avril)
Faisan de Colchide (un couple)
Pinson du nord (45 en mars, encore présent ce jour)
Etourneau (un seul le 21 février)
Tarin des aulnes (70 fin mars, encore un ou deux actuellement)
Milan noir (4 maximum, première observation le 14 mars)
Pigeon ramier (un seul en fin de période, ne vient qu’en fin de journée)
Serin cini (6 ou 7, première arrivée le 24 mars)
Tourterelle turque (la dernière arrivée, présente depuis le début avril)
Et chez vous ?
Le Héron cendré (6)
Joëlle vient de me signaler qu’une petite colonie de hérons cendrés vient de s’installer à côté de chez nous (à 500 m à vol d’oiseau)
Et comme je suis en panne d’inspiration ce soir pour écrire un article, je vous propose juste des images du héron cendré photographié en Camargue lors de ma dernière sortie en 2018 (c’est aussi un petit clin d’oeil à Christophe qui vient de faire une petite virée chez les oiseaux camarguais).
A noter que le héron cendré est l’un de mes oiseaux préférés. Mais ça, je pense que vous l’aviez déjà deviné … !
Sûr de son camouflage !
On croit observer les animaux sauvages, mais bien souvent ce sont eux qui nous guettent du coin de l’oeil. Parfois, au-dessus d’une route, là où passent des centaines de voitures et de piétons à quelques mètres, un hibou moyen-duc nous observe, impassible (photo faite hier après-midi). Cherchez-le en hiver, même en plein village comme ici … !
L’autour et la poule
Le 27 juillet dernier, à la tombée de la nuit, je me suis aperçu qu’un autour des palombes était dans mon poulailler et avait mangé une de mes poules. Comment avait-il pu entrer alors qu’il y avait un filet de protection au-dessus du poulailler. La seule explication que j’ai trouvé, c’est que, emporté par son élan et sa grande vitesse d’attaque, les mailles du filet se sont élargies sous le poids de l’attaque et qu’il a réussi à passer.
Comme il faisait presque nuit, j’ai pensé qu’il n’était pas judicieux de le relâcher à ce moment-là. Le lendemain matin, aux aurores, j’ai ouvert la porte du poulailler et il s’est envolé tranquillement.
Deux images faites juste avant le relâchage de l’oiseau.
Deux heures plus tard, j’étais dans mon jardin qui est en plein champ (à 1 km de la maison). Mon frère était là et m’a fait remarqué que tous les corbeaux freux et le choucas qui faisaient beaucoup de dégâts dans les cultures avaient disparu ce matin-là. J’ai fait le rapprochement avec la présence de l’autour. Dix minutes plus tard, l’autour apparaissait dans le ciel, sans doute le même que celui qui était dans mon poulailler.
Tout est bien qui finit bien donc !
Mais ce n’est pas vraiment l’avis de ma poule …
Le faucon crécerelle (7)
Dans mon dernier article consacré au faucon crécerelle, j’avais mis l’accent sur les jeunes faucons et leurs différentes attitudes au nid (baillement, étirement, battement des ailes …).
Pour continuer avec ce rapace le plus commun de France (sauf en Franche-Comté où il est supplanté par la buse variable), quelques images du nourrissage des jeunes, ayant assisté lors de la même séance à trois venues des adultes. Un premier nourrissage par le mâle :
Un deuxième extrêmement bref (une ou deux secondes seulement, le temps de déposer à toute vitesse un campagnol) …
… et enfin la femelle qui, elle aussi, est restée très peu de temps.
Peut-être que dans les temps qui viennent je mettrai sur ce blog une vidéo faite ce jour-là.
Le Guillemot de Troïl (3)
La buse variable, encore et encore …
Le faucon crécerelle (6)
J’ai raconté il y a déjà longtemps sur ce blog que j’avais construit un nichoir pour faciliter l’installation du faucon crécerelle. La nidification avait marché la première année, puis plus rien … Chaque année un couple est là mais il n’y a jamais de jeunes, alors que j’observe tous les ans des parades nuptiales, des accouplements, des offrandes de nourriture entre mâle et femelle …
Je ne sais pas vraiment où est le problème … !
Mais, une chance extraordinaire, mon ami Bruno m’a fait
Le pic noir (3)
Ce printemps, j’ai décidé de passer deux heures auprès de chaque cavité d’arbre récemment creusée que je trouvais. J’avais follement envie de photographier les pics dans cette forêt de Bussières que j’adore et que je connais bien (même s’il m’arrive encore parfois de m’y perdre).
J’espérais au départ trouver le nid du pic épeiche et, avec un peu de chance, celui du pic vert. Et je n’ai rien trouvé avec cette méthode-là, alors que j’ai passé un temps fou, immobile au pied d’un arbre, une une ou deux écharpes de camouflage autour de moi, à quelques dizaines de mètres des arbres que je surveillais.
Et puis le miracle s’est produit ! Alors que j’attendais un hypothétique pic mar qui n’est jamais venu, j’ai aperçu à travers les mailles de mon écharpe de camouflage deux pics noirs qui se poursuivaient en se chamaillant et en criant. Comme je n’avais jamais vu un tel comportement et qu’on était en avril, début de la période de nidification, j’en ai déduit qu’une telle scène ne pouvait avoir lieu qu’à proximité immédiate du nid. Je me suis levé, j’ai cherché et j’ai trouvé le nid en moins de cinq minutes. Effectivement il n’était qu’à une trentaine de mètres de l’endroit où je m’étais camouflé. Je me suis caché, le mâle est arrivé au nid au bout de cinq minutes.
Un couple de pic noir a un domaine vital immense, pouvant aller à 800 hectares, et qui se réduit en période de nidification à un territoire de 20-40 hectares (voir l’article que j’ai écrit récemment sur ces notions de domaine vital et de territoire). Donc évidemment, je n’espérais jamais trouver le nid. Et puis, hop là, sans avoir l’intention de le chercher et en moins de cinq minutes … ! Je vais finir par croire en Dieu ! Ou au diable !
A partir des jours suivants, je suis revenu deux heures tous les matins. Le nid était très haut dans un foyard, les conditions de prise de vue n’étaient pas très bonnes mais par moments, le matin, l’arbre bénéficiait d’une très bonne lumière. Je n’ai pas fait beaucoup de photos car chaque arrivée au nid était très rapide, parfois l’oiseau ne restait que quelques secondes contre le tronc. Et quand un oiseau ne vient que toutes les deux heures et qu’il arrive sans un seul bruit, autant dire que si on n’a pas l’oeil dans le viseur à ce moment précis, il faudra attendre deux heures de plus !
Et puis il y a eu une période de très mauvais temps, froide et pluvieuse, et de ce fait j’ai quasiment loupé toute la période où les jeunes se montraient « à la fenêtre ». Et surtout, ils se sont envolés bien plus vite que je ne le pensais et extrêmement tôt dans la saison (le 14 ou le 15 mai). Voici quelques images, présentées de manière chronologique, essentiellement faites au moment où mâle et femelle se relaient au nid, parmi le peu que j’ai réalisé. La dernière image est la seule où l’on voit un jeune. On peut cliquer sur les images pour les agrandir un peu.
A noter que le pic noir n’est plus vraiment l’oiseau mythique du fond des forêts tel que l’a décrit Paul Géroudet (« une expression des forces primitives de la forêt sauvage »). L’espèce possède une dynamique incroyable qui lui a permis de coloniser d’autres milieux naturels et d’autres régions. Au 19 ème siècle, cet oiseau n’a jamais été signalé en plaine, il n’était cantonné qu’aux forêts d’altitude. En 1976/77, quand j’ai commencé à m’intéresser aux oiseaux, il était déjà bien présent dans la forêt de Bussières. Depuis cette période, d’une part il a progressé vers l’ouest, jusqu’à atteindre la Bretagne (il n’est pas allé plus loin, sans doute que les bières, le cidre et le chouchen breton l’ont convaincu qu’il était enfin arrivé là où il fallait !). Et il a pris l’habitude d’aller dans des milieux plus ouverts, à tel point qu’il niche parfois sur des aires d’autoroute (notamment sur l’aire du Jura). D’ailleurs, à Bussières sur les trois couples que compte la commune, l’un des couples est dans une ripisylve (forêt riveraine) le long de l’Ognon, loin du massif forestier.
A tout bientôt pour un article sur une autre espèce de pic.
La cabane aux oiseaux, 2021 (1)
Je vais mettre en ligne prochainement une série d’articles sur les oiseaux que j’observe depuis ma « cabane », un lieu où je nourris des rapaces régulièrement depuis plus de 40 ans (j’ai déjà écrit pas mal d’articles sur cette cabane, on peut les retrouver sur ce lien).
J’ai vécu ce printemps quelque chose d’extraordinaire, je n’avais jamais vu autant de milans sur le site. Disons même qu’en trois semaines j’ai vu autant de rapaces sur mon lieu de nourrissage qu’en plusieurs décennies. Entre le 25 mars et le 15 avril, c’était de la folie !
Les photos que j’ai faites à cette occasion et que je vous montrerai dans mes prochains articles ne peuvent pas traduire ce que j’ai vécu, elles ne sont qu’un pâle reflet de ce que j’aimerais montrer. Par contre, Philippe Parolini (Fifitoucourt pour les habitués de ce blog) est venu, l’espace d’une matinée, dans la cabane. Voici un petit bout de film qu’il a fait ce matin-là et qui vous donnera une idée de la chose.
Et voici la même scène, au ralenti !
Et bientôt, un article sur le milan noir.
Pics : territoire et domaine vital
Lorsque j’ai commencé à m’intéresser aux oiseaux (1976/1977), les premières espèces que j’ai vues sont les pics. Dans ma première semaine d’observation j’ai vu les cinq principales espèces de mon village, l’année suivante je voyais le pic cendré. Il m’est resté de cette époque-là une sorte de fascination pour ces oiseaux qui donnent l’impression d’être montés sur ressorts et semblent jouer à cache-cache avec vous.
Au niveau des observations ornithos, cette année 2021 est particulièrement riche pour moi, elle l’est encore plus au niveau photographique, le démon de la photo (et de l’affût surtout) m’ayant repris après quasiment trois années d’interruption (mis à part quelques photos d’oiseaux faites en vacances).
Conséquences de cela, je me prépare à écrire une série d’articles sur les trois espèces de pics que j’ai suivies cette année, lors de l’élevage de leurs jeunes.
Mais avant de mettre en ligne le premier article, un petit préambule sur les notions de « territoire » et de « domaine vital » qui sont deux notions différentes.
On pense que les oiseaux sont très territoriaux et défendent leur « pré-carré » becs et ongles, à coup de vocalises surtout. En fait la réalité est à nuancer. Il y a un espace proche du nid qui est effectivement défendu avec ardeur mais souvent les domaines de vie des oiseaux au sein d’une même espèce se recoupent (mêmes lieux de recherche de nourriture, même zones pour s’abreuver …) plus ou moins largement selon les espèces (je vois quatre mâle de fauvettes à tête noire qui viennent actuellement s’abreuver en même temps, alors que nous sommes en pleine période de nidification de cette espèce).
Chez les pics, ceci est encore plus vrai.
En effet, chez les pics, il faut distinguer le domaine vital et le territoire lié à la nidification. Explication : d’une part les pics sont des oiseaux sédentaires et doivent affronter des périodes difficiles, notamment en hiver (nourriture moins abondante, deux fois moins de temps la journée pour se nourrir, besoins en nourriture accrus à cause de la baisse des températures). Ils ont donc besoin d’un vaste espace, qui leur procure la nourriture suffisante pour affronter cette période difficile. Au contraire, au printemps lorsqu’il faut nourrir des jeunes oisillons tous les quarts d’heure, les adultes doivent trouver leur nourriture à faible distance du nid et ne peuvent se permettre d’aller la chercher à l’autre bout de leur espace de vie habituel. Au printemps, qui est par ailleurs une « saison d’abondance », l’espace utilisé est donc beaucoup plus restreint.
Il faut donc distinguer le territoire proprement dit, lié à la nidification, que l’oiseau défend contre l’intrusion de ses congénères, et le domaine vital, beaucoup plus vaste, qui va permettre aux oiseaux de subvenir à leurs besoins en nourriture pendant la période internuptiale (c’est à dire en dehors de la période de reproduction). Ceci est la règle générale pour tous les pics. A noter aussi que chez toutes les espèces de pics, mâle et femelle mènent une vie indépendante en dehors de la reproduction.
Deux exemples chez les pics (mais différents l’un de l’autre) pour illustrer cela :
– Chez le pic noir « le domaine vital d’un couple couvre généralement de 350 à 800 hectares, selon la qualité du milieu ambiant et notamment l’abondance de nourriture. Le territoire proprement dit, c’est à dire la zone défendue contre les congénères étrangers au couple, occupe seulement de 20 à 40 hectares autour du nid » (Michel Cuisin, 1998). Quand on voit la quantité de pics noirs présents dans certaines forêts franc-comtoises, on devine aisément que les domaines vitaux de ces oiseaux se recoupent donc assez largement.
– C’est sans doute chez le pic épeichette que la différence de surface entre domaine vital et territoire est la plus grande : « Le premier occuperait une surface moyenne de 200 à 500 hectares, le second ne ferait que quelques hectares, les parents ne s’éloignant pas à plus de 150-200 m du nid, la plupart du temps dans un rayon de 70 m ». (Pynnöyen, 1939). Par contre, dans le cas du pic épeichette, les domaines vitaux se recoupent peu et les nids sont souvent distants de plusieurs kilomètres (et effectivement, sur le terrain, on constate toujours une très faible densité de cet oiseau, qui n’est jamais abondant et dont les territoires semblent assez clairsemés).
Comme je parlerai souvent, dans les articles à venir, de domaine vital et de territoire, il me semblait utile d’amener ces précisions.