Au pays des vautours (1)

Pas facile la précédente devinette. 796, 87, 44 et 20 ? En fait, il s’agissait juste d’introduire ma série d’articles sur les vautours.
Il y a 4 espèces de vautours en France. Les effectifs sont très faibles (chiffres officiels 2007) :
– 796 vautours fauves
– 87 couples de percnoptères
– 44 couples de gypaètes
– 20 couples de vautours moines.
Aucun rapport donc avec les maths. Les matheux ont quand même trouvé un rapport entre tous ces chiffres. Je les admire … !

A la fin des années 70, un film avait circulé dans la sphère naturaliste. Il s’agissait d’un documentaire des Frères Terrasse intitulé Le bal des charognards. Depuis, je rêvais d’assister à une véritable curée (c’est à dire au moment où les vautours se nourrissent enfin après de longs jours d’attente à tourner au-dessus de cadavres d’animaux).

C’est à cette intention que Joëlle et moi sommes descendus dans les Gorges de la Jonte en Lozère, pensant à tort que c’était le seul endroit où le vautour fauve se reproduisait en France (depuis, Jenofa a rétabli la vérité en me fournissant les chiffres officiels : sur les 796 couples de vautours fauves qui nichent en France, 525 le font dans les Pyrénées, c’est donc dans ce massif que se trouve la plus grosse partie des vautours fauves français).

Le premier jour, nous sommes allés sur la corniche située entre les gorges de la Jonte et les gorges du Tarn, côté Jonte.

falaises

bernard

Ce n’était pas un jour favorable, les vautours fauves volaient peu ce jour-là (sans doute les ascendances de chaleur étaient-elles mauvaises), nous avons quand même observé un jeune vautour sur son nid, mais globalement la journée a été moyenne, seuls quelques vautours nous ont timidement survolé (mais même d’assez loin, un oiseau de 2,70 m d’envergure, c’est plutôt impressionnant !).

vautour-fauve

Mais je ne connaissais aucune personne dans la région pouvant me faire bénéficier d’un affût auprès d’un charnier. C’est donc bien loin de la colonie (à 160 km à vol d’oiseau de là, c’est à dire à … près de quatre heures de route) que nous sommes allés pour observer et (essayer de) photographier les vautours auprès d’un charnier. Merci aux deux amis qui m’ont permis cette aventure.

Il était prévu que j’aille dans l’affût avant le lever du jour. Nous sommes arrivés évidemment la veille et j’ai eu le temps de prendre connaissance des lieux. La placette de nourrissage était située dans un lieu magnifique. On devinera sur la photo qu’un dispositif avec toile et fosse permet de récupérer d’éventuels jus qui viendraient à couler et donc à limiter les indicences sanitaires du nourrissage artificiel des vautours. Car il s’agit là d’un charnier officiel faisant l’objet d’une autorisation par l’administration.

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La veille de mon entrée dans l’affût, je suis allé repérer les lieux. Si le site est magnifique, la petite cabane à l’entrée donne une idée (peu ragoutante) de ce qu’ont mangé les vautours dans les derniers temps.

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Et c’est l’occasion de découvrir pour moi le minuscule (mais confortable) affût dans lequel j’arriverai de nuit le lendemain matin. L’affût est bien camouflé, la tâche sombre dans le buisson indique l’endroit d’où je pourrai observer la scène. Très discret, non ?

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Et je me couche le soir très excité, au son du hibou petit-duc qui égrène son chant flûté, avec déjà une envie folle d’être au lendemain matin.

La toilette des tadornes

Je suis allé il y a quelques semaines dans le parc ornithologique de Villars-les-Dombes dans l’Ain. Je n’étais pas retourné en ce lieu depuis peut-être une quinzaine d’années. La distinction est parfois difficile à faire dans ce parc entre espèces sauvages et espèces captives. Vous êtes par exemple en train d’observer un fuligule milouin que vous croyez être captif et vous le voyez soudain prendre son envol et partir à tire d’ailes. Plusieurs dizaines de couples de cigognes blanches se sont installées naturellement dans le parc. Une petite colonie de bihoreaux gris s’y est sédentarisée. Des hérons cendrés viennent y pêcher, les poules d’eau s’y reproduisent  dans tous les coins.

Je suis passé à côté d’une petite troupe de tadornes de Belon qui étaient en train de se livrer à une séance collective de toilettage. Les gouttelettes d’eau fusaient dans tous les sens …

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Le chant des oiseaux (2)

Nous sommes en avril et les osieaux chantent partout. A l’heure qu’il est, les premières lueurs du jours sont à peine là et pourtant j’entends déjà le merle, la grive musicienne et le rouge-gorge. Dans  quelques dizaines de minutes, ce sera au tour de la fauvette à tête noire, du troglodyte, du pinson et des  mésanges de s’y mettre aussi. Difficile pour celui qui connait peu le chant des oiseaux de s’y retrouver.

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L’an passé, j’avais présenté un premier diaporama consacré aux chants des oiseaux. Ce diaporama était réalisé par Oetincelleo. La deuxième partie a été terminée il y a quelques semaines. Voici donc cette nouvelle série présentant 8 autres espèces communes. Les photos sont de Yves Le Presse (l’un des internvenants les plus réguliers de ce blog) et de moi-même. Merci à Oetincelleo pour le travail réalisé.

A quand une troisième série ?

La corneille et le milan

La semaine dernière, j’ai présenté quelques photos de milan royal réalisées à partir d’un affût. Je n’avais parlé que du milan mais j’avais eu également la visite du geai de chênes et de la corneille noire. Cette dernière était arrivée dès mon installation dans mon petit abri et s’était nourrie goulûment.

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Après avoir dû partir précipitamment à l’arrivée du milan royal, elle est revenue tourner autour du rapace, de plus en plus près …

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Mais la corneille ne risque rien, le milan royal se nourrit d’animaux morts et il est incapable de capturer un oiseau vivant. Et la corneille le sait bien …

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Même les sarcelles s’y mettent …

Difficile de trancher dans un débat « heure d’hiver ou heure d’été ? ». Pour donner raison à l’un ou à l’autre des protagonistes de ce débat, il faudrait comme on dit « une âme innocente » dépourvue de partialité. Difficile de trouver une telle âme de nos jours dans la race humaine pervertie par le modernisme et la société de consommation. Alors, finalement je me suis tourné vers les oiseaux qui représentent la candeur et l’innocence même. Difficile de taxer un seul oiseau de manque d’objectivité, non ?

Hé bien, vous n’allez sûrement pas me croire mais les faits sont là et me donnent raison à 100% ! Les voici tels que je les ai constatés.

La semaine dernière, sur le petit étang de Buthiers juste à côté de chez moi, il n’y avait que des sarcelles d’hiver.

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Vous n’allez peut-être pas me croire mais en ce début de semaine, il n’y a que des sarcelles d’été !

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Difficile d’apporter une meilleure preuve, non ? Comment ça « non » ? Seriez-vous de mauvaise foi ?

Face à face avec le milan royal

Alors, il est pas beau et fier « mon » milan royal, posé sur « son » poulet ?

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Journée de chance aujourd’hui. Je me suis caillé dans mon affût mais cela faisait presque vingt ans que le milan royal n’était pas venu se poser devant moi.

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L’occasion pour moi de prendre sur le vif une attitude étonnante :

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Mais celui que j’attends avec le plus d’impatience, c’est le milan noir. C’est « mon oiseau maudit ». Trente ans que j’attends … Cet après-midi, il s’est enfin posé devant moi. Je l’avais dans le viseur. Et comme un con, j’ai voulu attendre qu’il soit bien tranquille avant de faire ma première photo. Et il est parti avant que j’aie pressé le doigt sur le déclencheur. La semaine prochaine ou l’an prochain peut-être … !

Des graines, encore des graines !

Il fait encore froid mais le soleil a été généreux les temps derniers. Il y a dans l’air la sensation que le printemps n’est pas bien loin, malgré les nuits de gel, et les premières fleurs de jardin sont épanouies depuis quelques jours, voire quelques semaines pour certaines d’entre elles.

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Cette sensation de printemps imminent peut conduire les personnes qui ont l’habitude de nourrir les oiseaux l’hiver à arrêter cette activité de nourrissage dès les premiers beaux jours, en février ou en mars. C’est une erreur car le début du printemps est la période la plus difficile pour bon nombre d’espèces. Nous sommes en effet à une période charnière pour tous les oiseaux de la famille des fringilles qui se nourrissent de graines (chardonnerets, verdiers, tarins, bouvreuils, gros-becs…).

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Certes, il fait déjà moins froid qu’en plein hiver mais le stock de graines disponibles dans la nature est épuisé ou presque. Pour ces espèces, la jonction est extrêmement difficile à faire entre l’hiver et le printemps. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il vaut mieux nourrir les oiseaux de janvier à avril (plutôt que de novembre à février comme le font la plupart des gens).

Actuellement, 200 oiseaux fréquentent encore mon poste de nourrissage, dont une majorité de chardonnerets (une centaine), de tarins (20), de pinsons de nord (15), de pinsons des arbres (15), de verdiers (40) et de gros-becs (5).

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Et parmi ces oiseaux, trois ou quatre écureuils qui sont là tous les matins.

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(toutes les photos ont été réalisées hier dimanche)

La grande aigrette

Il y a trente ans, lorsqu’une grande aigrette était signalée en France, beaucoup faisaient le déplacement pour aller l’observer. Je me rappelle aussi qu’à cette époque, quelqu’un s’était arrêté vers moi en Camargue pour me signaler sa présence. C’est grâce à cet ornitho que j’ai pu admirer cet oiseau pour la première fois. La présence en France d’un oiseau du sud-est européen avait alors quelque chose de magique pour moi.

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Aujourd’hui, la grande aigrette est partout.

Je l’ai vue arriver dans la vallée de l’Ognon il y a cinq ou six ans peut-être. Et depuis, chaque hiver, je l’observe ça et là. Plusieurs personnes m’ont déjà demandé « C’est quoi ce héron blanc ? ». Le 15 novembre dernier, j’étais au Lac du Der en Champagne et j’ai vu un rassemblement de 84 grandes aigrettes à quelques centaines de mètres de moi.

Pour la première fois, l’une d’elle vient dans les prés qui sont face à la maison. Elle y vient tous les jours depuis une semaine. Et elle est devant mes yeux, à l’heure où j’écris cet article.

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La grande aigrette  ne niche pas en Franche-Comté. Elle n’y vient qu’en hiver mais deux individus sont restés tout le printemps 2008 dans la basse vallée de l’Ognon. Un jeune couple encore immature ? Signe d’une nidification prochaine ? A surveiller donc (notamment en amont de Pesmes).

Merci à Christophe de m’avoir prêté les deux photos de cet article.

Quand les côtes de porc volent …

Il n’est pas facile de gérer la nourriture que l’on met dans un congélateur de type « bahut ». Il y a certains aliments qui sont placés dans le fond du congélateur, recouverts ensuite par d’autres, et on finit par ne plus avoir accès à ce qui est tout au fond. Alors, sans le faire exprès, on oublie parfois un ou deux sachets. La nourriture qui est ainsi oubliée devient périmée au bout de quelques années. Mais toute cette viande n’est pas perdue pour tout le monde, loin s’en faut. Il m’est arrivé plusieurs fois qu’on me donne de la viande périmée pour que j’en fasse profiter les buses qui viennent derrière la maison. Il y a trois semaines, j’ai récupéré par exemple trois vieux poulets que ma mère avait oublié depuis de nombreuses années au fond de son congélateur. Comme il faisait très froid, ces poulets ont sans doute permis à quelques buses affamées de survivre à ce moment-là.

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Vendredi je suis allé chez des amis. Sachant que je suis toujours à la recherche de déchets de viande pour nourrir « mes » buses, ils m’ont donné de la viande qui était depuis pas mal de temps dans leur congélateur. Il y avait notamment quelques vieilles côtes de porcs que j’ai mises sur le terrain.

Dimanche matin, alors que j’étais devant mon ordinateur, j’ai entendu un énorme bruit du côté de la cuisine. Je suis vite allé voir, il y avait un grosse tache rougeâtre sur la vitre. J’ai aussitôt pensé qu’un épervier s’était scratché en poursuivant un petit oiseau. Mais deux buses étaient en train de se chamailler en vol. Et quand j’ai regardé le rebord de la fenêtre, juste sous la tache, il y avait une belle côte de porc. L’une des deux buses venait donc de la lâcher en plein vol. Le choc avait été violent mais ma fenêtre avait résisté.

Une côte de porc qui vole, ce n’est pas bien courant. Enfin, ça m’étonnerait fort que vous ayez déjà assisté à ce spectacle. Si j’étais sorti juste à ce moment, peut-être que j’aurais terminé ma vie à la manière d’Eschyle, le poète grec. On dit qu’un gypaète (rapace) a laissé tombé une tortue sur sa tête, prenant son crâne chauve pour un caillou. Eschyle est mort sur le coup.

Mais bon, voir écrire sur la tombe à Dupdup « victime d’une côte de porc », y’a quand même mieux comme épitaphe, non ?

Chouettes et faucons n’ont qu’à bien se tenir …

L’an passé, j’ai raconté comment j’ai installé un nichoir à la hâte, dans la précipitation, pour permettre au faucon crécerelle de nicher. L’expérience avait été réussie et cinq jeunes s’étaient envolés au début juillet.

Cette fois-ci, il n’y aura plus d’improvisation, tout est planifié, organisé. Dupdup a donc tout prévu.  Un nouveau nichoir vient d’être construit (grâce au concours très efficace de Michel qui possède tout le matériel pour construire ou façonner n’importe quel objet en bois).  Le résultat est plutôt pas mal ! Et c’est du solide ! Et surtout : le nichoir est conçu pour que l’élevage de la nichée de petits faucons puisse être observé, photographié et filmé.

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Explications sur la photo ci-dessus : la face ouverte, de ce côté-ci, sera plaquée depuis l’intérieur du grenier contre le mur de la maison. Le faucon rentrera donc de ce côté-ci, par la lucarne du mur, directement dans la caisse. Face à l’entrée, il y a deux trous en bas pour laisser passer l’objectif (selon l’endroit du nichoir où la femelle de crécerelle aura choisi de pondre) et un trou plus haut pour laisser passer le flash. Sur le plafond du nichoir, il y a un autre trou pour photographier éventuellement les oeufs et pour varier les plans photographiques. Enfin, entre les deux trous les plus élevés, à l’angle, il y a un petit espace biseauté entre les deux planches du nichoir, sur toute la longueur, pour pouvoir observer depuis l’intérieur du grenier, à plusieurs personnes, sans perturber les oiseaux. Le nichoir n’est pas terminé, il reste encore à équiper chacun de ces trous de petites fermetures à glissières, destinées à laisser le passage de l’objectif et du flash.

Le nichoir sera installé dans le grenier d’ici une quinzaine de jours. Au préalable, j’aurai garni le fond d’un mélange de tourbe et de foin car les faucons ne transportent jamais de matériaux et les oeufs risqueraient alors de rouler sur le bois lisse (et je crois savoir que les faucons, par manque d’éducation probablement, ne savent même pas jouer aux billes … !).

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Mais la façade de la maison de mes parents (où ont niché les faucons l’an passé) possède deux lucarnes. Comment utiliser la deuxième lucarne ?

maison
Michel et moi avons donc construit une deuxième nichoir à l’intention de la chouette effraie. Vous remarquerez  dans la photo ci-dessous qu’il y a deux différences essentielles avec le nichoir à crécerelle. D’abord, il y a une petite cloison (une « chicane »), car l’effraie aime les endroits sombres. La chouette entrera par le passage étroit, passera derrière la chicane et se trouvera ainsi à l’obscurité. Autre différence : la face latérale du nichoir (face gauche sur la photo) est également équipée de trous pour l’objectif et le flash, ce qui permettra de photographier (ou filmer) la chouette de face lorsqu’elle arrivera.

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Il est probable que l’effraie mettra plusieurs années avant de s’installer, mais je ne suis pas pressé …

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Quant à la cohabitation entre chouettes et faucons, ce n’est pas un problème, ces deux oiseaux nichent chaque année à quelques mètres l’un de l’autre dans la tour du château de Buthiers, à quelques kilomètres de chez moi, dans la vallée de l’Ognon.

Le gros-bec casse-noyaux

Tsic … tsic ! Les cris du gros-bec me font rêver. Pourquoi « rêver » ? Simplement parce que ces cris font partie du passé. Comment ça, « le passé » ? Les gros-becs  n’existeraient-ils plus ? Ne crieraient-ils plus ? Si si, simplement mon oreille de quinquagénaire n’est plus très bonne dans les aigus et il faut vraiment que ces oiseaux soient près pour que je puisse entendre ce tsic tsic qui me les faisaient instantanément repérer autrefois. Ainsi va la vie. Dupdup le dingue deviendra-t-il  un jour Dupdup le sourdingue !

Le gros-bec n’est pas très régulier aux mangeoires. Il lui faut des temps froids ou de la neige pour s’approcher des maisons. Mais quand il le fait, il prend l’habitude de venir chaque jour, jusqu’à la fin de l’hiver.

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Cette année, le gros-bec est venu dès le mois de novembre. C’est la première fois que je le vois aussi tôt. Il semblerait bien qu’il y ait un sérieux problème de nourriture dans la nature, avec très peu de graines et de baies disponibles pour les oiseaux. Mais grâce aux bonnes graines bio vendues par la LPO Franche-Comté, voici « mon » gros-bec (il n’y en a qu’un seul à ma mangeoire) paré pour l’hiver.

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Cet oiseau a une drôle d’allure. La tête est énorme. A l’arrière, la queue est très courte et ne semble pas faire contrepoids. J’ai toujours l’impression que cet oiseau va piquer du nez.

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Le bec de cet oiseau est si puissant qu’il broie facilement les noyaux de cerises. Il paraît qu’il peut exercer une pression de 70kg/cm2 entre les deux mandibules de son bec. De quoi ne pas inciter à y mettre le doigt. Les miens ont parfois été plutôt près …

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Pic épeiche et pic mar

J’ai toujours aimé les pics. J’adore leur manière d’escalader les troncs, tels des jouets montés sur ressorts et j’aime leur façon de jouer à cache-cache avec l’observateur. Le pic épeiche est souvent l’espèce la plus visible et tous ceux qui s’intéressent à la nature le connaissent bien.

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J’ai la chance d’habiter une vallée où une espèce assez voisine est très abondante : le pic mar. Il y est si abondant que je me demande parfois si, dans les forêts de la vallée de l’Ognon, les effectifs de pics mars ne dépassent pas ceux de pics épeiches. J’ai toujours eu de la chance avec cet oiseau qui fréquente mon poste de nourrissage presque chaque hiver. Depuis quelques jours, il vient manger du tournesol sur le rebord de la fenêtre et c’est la première fois que je le vois d’aussi près (à cinquante centimètres de moi hier matin). Habituellement, je badigeonne les troncs à son intention, d’un mélange composé de graisse (saindoux ou margarine de type « fruidor »), de noisettes et de noix hâchées.

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L’an passé, sur ce blog, Oetincelleo m’avait demandé quelle était la différence entre pic épeiche et pic mar. Je n’avais pas pris la peine de répondre à l’époque  mais j’avais gardé la question dans un petit coin de ma tête.

Les différences entre les deux espèces (de taille relativement semblable) sont assez caractéristiques. Au niveau du ventre, le pic épeiche (photo de gauche) possède une belle tache rouge qui tranche avec le ventre blanc et la limite entre les deux couleurs est très nette. Par contre, chez le pic mar (à droite), le dessous du ventre est d’un « rose sale » et la couleur s’effiloche en remontant sur le ventre, la limite entre les deux couleurs est plutôt du genre « floue dégradée ».

pic-epeiche-pic-marAu niveau de la tête, les différences sont frappantes. Chez le pic épeiche, le mâle possède une petite tache rouge derrière la tête. Chez le pic mar, la calotte rouge est beaucoup plus grande et recouvre tout l’arrière de la tête. En outre, les joues sont beaucoup plus blanches que chez le pic épeiche. Le seul risque de confusion se situe au mois de juin car à cette époque, les jeunes pics épeiches fraîchement sortis du nid possèdent eux-aussi une large calotte rouge qui les fait ressembler un peu à des pics mars. Dans ce cas, il faut considérer les autres critères et notamment la tache colorée au bas du ventre.

A chaque chose malheur est bon …

Depuis plusieurs années, le marronnier qui est derrière la maison est attaqué par un parasite appelé caméraria. Les feuilles brunissent dès juin et tombent en juillet. En août, l’arbre se retrouve sans feuilles, nu comme un ver (on reconnaîtra au passage, sur la photo, un nichoir à chouette hulotte accroché au tronc).

Finalement, les branches dénudées du marronnier ont leur avantage. Car les gobemouches recherchent de manière privilégiée les rameaux sans feuilles qui leur permettent d’avoir des perchoirs bien dégagés pour repérer leurs proies aériennes (de petits insectes volants). Et, la semaine dernière a été marquée par la présence de gobemouches noirs et de gobemouches gris derrière la maison (il y en avait quatre ou cinq). Et ceci grâce probablement aux dégâts provoqués par le parasite du marronnier…

C’est la deuxième fois seulement en huit ans que j’observe ces deux espèces sur le site (la photo de gobemouche noir m’a été prêtée par Fred, car je n’ai jamais réussi à photographier cet oiseau. Quant à celle du gobemouche gris, j’ai puisé dans mes anciennes photos).

Une flopée de belles observations !

Le site de la Maison de la Nature de Brussey est très riche en oiseaux. 136 espèces d’oiseaux y ont déjà été observées, sur une surface de quelques hectares seulement. La LPO Franche-Comté mène sur ce lieu un programme de baguage d’oiseaux depuis une vingtaine d’années. Cette action scientifique, régie par un protocole très précis et placée sous la responsabilité de Pierrot, permet de mieux connaître la biologie des oiseaux, pas seulement leur migration mais aussi la notion de territoire, la fidélité à un site, l’évolution des effectifs, …

Je n’ai pas souvent le temps de participer à ces séances de baguage d’oiseaux (qui ont lieu sept fois par an) mais c’est toujours un réel plaisir pour moi de pouvoir admirer de très près le plumage des différentes espèces.

Chacune des séances apporte son lot de surprises. A l’automne dernier, j’avais relaté la capture exceptionnelle d’un autour des palombes. En juin dernier, c’était au tour du hibou moyen-duc de se prendre les ailes dans les filets de baguage au lever du jour.

A la dernière séance, en juillet, une centaine d’oiseaux ont été capturés, bagués puis relâchés au cours de la même journée. Parmi eux, le martin-pêcheur, le gros-bec, l’hypolaïs polyglotte et le torcol dont on ne se lasse pas d’admirer le plumage délicat et nuancé.

Mais la surprise de la journée était la présence d’un coucou dans les filets. Observation rare ! Il n’y a pas eu une seule capture sur les sites franc-comtois au cours des dix dernières années. C’était aussi la première fois que cet oiseau était tenu en main sur le site de Brussey.

Enfin, pour clore la journée, alors que nous étions en train de baguer les oiseaux, un appel téléphonique nous a avertis qu’une chouette blessée avait besoin de secours dans le village à côté. Vérification faite, il s’agissait d’une jeune chouette chevêche, fraîchement sortie du nid, et qui avait atterri devant la porte d’un habitant. Belle observation d’une petite chouette en voie de disparition !

(un grand merci à Cécile qui a réalisé les photos du hibou moyen-duc et de la chevêche)

Le faucon crécerelle (5)

L’élevage d’une nichée de faucons crécerelles ne prend pas beaucoup de temps, guère plus d’un mois. Au cours des derniers jours de leur séjour dans le nichoir que j’avais installé dans la maison de mes parents, les jeunes ont été nourris à un rythme rapide. Dans les derniers temps, seule la femelle apportait des proies. Le duvet a fait place aux plumes définitives.

Le nichoir est maintenant vide et les cinq petits faucons se sont tous envolés en quelques jours. Les deux premiers ont quitté le nid le vendredi 4 juillet et le samedi 5 juillet. L’envol du troisième le dimanche 6 juillet était un peu prématuré et a failli tourner à la catastrophe. Le voisin de mes parents a réussi à remettre en vol le jeune qui était tombé dans le jardin et sur lequel un chat s’apprêtait à bondir. Les deux derniers jeunes se sont envolés les mardi 8 et mercredi 9 juillet.

Les crécerelles sont restés sur le site. Le soir, la famille de faucons dort sur les nombreux rebords des murs de l’église du village et je peux les observer à la longue-vue depuis ma maison.


Comme je l’avais précisé dans mes précédents articles, je n’avais pas prévu de dispositif particulier pour photographier ce qui se passait à l’intérieur du nichoir et j’ai donc utilisé des photos très anciennes pour illustrer ces articles. Je vais construire cet été un nichoir spécialement conçu pour la pratique de la photographie.

Il ne reste plus qu’à attendre le retour des faucons au printemps prochain !

Le faucon crécerelle (4)

« Mes » petits crécerelles poussent à vue d’oeil. Les cinq poussins continuent leur développement. Ce soir, avec Joëlle, nous les avons observés à cinquante centimètres, à travers une petite fente du nichoir. Fabuleux de voir ainsi la vie palpiter à portée de main. Si je m’en réfère aux photos que j’avais faites il y a vingt cinq ans, les jeunes en sont à peu près au stade suivant.

Les jeunes commencent à dépecer eux-mêmes la nourriture, le plus souvent un campagnol, qui est est apportée par l’un des adultes, presque toujours la femelle.

Si les blogueurs qui habitent sur mon secteur ont envie de les observer de très près, je peux organiser, à la demande, des petites séances d’observation dans les jours qui viennent (l’envol est prévu autour du 8 juillet je pense). Il suffit juste de me prévenir. Les dames qui viendraient voir avec moi dans le grenier en ressortiraient probablement couvertes de foin. Je leur souhaite du courage pour expliquer à leurs maris qu’elles se sont juste contenter d’observer avec moi des petits crécerelles … !

J’en profite pour rappeler qu’il existe un site fabuleux où l’on peut suivre en direct l’élevage d’une autre nichée de crécerelles, à peine plus âgés que « les miens ».

Le faucon crécerelle (3)

Un très grand merci à Mat, Marc et Caro qui m’ont indiqué ce site fabuleux où l’on peut suivre en direct l’élevage d’une nichée de jeunes faucons crécerelles. Il se passe parfois une heure avant que la femelle ne vienne apporter une souris mais quand elle arrive, c’est extraordinaire. Le site de nidification est en Suisse allemande si j’ai bien compris et les jeunes crécerelles n’ont probablement qu’un ou deux jours de plus que « les miens ».

Le faucon crécerelle (2) : faire-part de naissance

A peine ais-je regagné mes pénates après une semaine de rêve au bord de la mer du Nord que je suis allé jeté un coup d’oeil à mon nichoir à faucons. Pendant une bonne partie du mois de mai, j’avais été inquiet, ne voyant aucune activité sur le site. Mais j’ai été rassuré juste avant mon départ : la femelle de crécerelle était bel et bien en train de couver, immobile toute la journée sur ses oeufs, ce qui expliquait le calme apparent autour du nichoir.

Hier matin, je suis allé « guetter » en douce ce qui se passait et j’ai pu admirer la femelle à moins de cinquante centimètres de moi, grâce à une petite fente qui me permet d’observer ce qui se passe. J’ai entendu distinctement de petits piaillements. Plus tard dans la soirée, j’ai profité d’une petite absence de la femelle pour observer plus en détail le reste du nichoir. Cinq jeunes venaient juste de naître. Tous les oeufs, sans exception, avaient donc éclos.

Comme je l’ai expliqué dans mon précédent article, j’ai installé ce nichoir en toute urgence il y a un mois et demi lorsque j’ai vu que le couple de crécerelles venait se poser sur le rebord d’une lucarne dans la maison de mes parents. Je n’ai donc pas pris le temps d’équiper le nichoir d’une petite glissière qui m’aurait permis de faire des photos. Mais si je m’en réfère aux photos ci-dessous que j’ai réalisées il y a vingt cinq ans, les jeunes crécerelles en sont à peu près à ce stade :

A suivre.

Un troglodyte moderne

J’ai toujours eu un faible pour les hirondelles. Mon origine paysanne y est probablement pour quelque chose, ayant passé toute mon enfance entouré de nombreuses hirondelles rustiques et hirondelles de fenêtre qui avaient choisi les bâtiments de la ferme parentale pour se reproduire.

Il y a une quinzaine d’années, j’ai installé quelques nichoirs artificiels dans des endroits favorables à l’installation de l’hirondelle rustique (qu’on appelait encore à l’époque « hirondelle de cheminée »). L’un d’eux, notamment, a été installé dans la cabane de mes deux ânes favoris : Grand-Pas et Pluchon.

Mais point d’hirondelles. Seule la bergeronnette grise a utilisé de temps en temps le nichoir, ce qui n’est déjà pas si mal.

Cette année, Grand-Pas et Pluchon ont une nouvelle compagnie. Le troglodyte, qui d’habitude fait un nid entièrement en mousse, a utilisé le nid artificiel en béton comme soubassement et le résultat est plutôt original.

Le nichoir a Dupdup a ainsi évité au troglodyte quelques centaines de voyages à transporter de la mousse. Tiens, à propos de mousse, il me doit bien une petite bière en compensation, non ?