Le jardinage, étonnamment moderne ?


JARDINER À NOTRE ÉPOQUE, ÇA VEUT DIRE QUOI ?

Drôle de question, non ? Car elle sous-entend que jardiner maintenant, ce n’est pas tout à fait la même chose qu’autrefois.

Effectivement, faire du jardin aujourd’hui ne correspond pas aux mêmes préoccupations qu’auparavant.

Pendant une dizaine de millénaires, depuis que l’Homme s’est sédentarisé, le jardinage n’a pas eu vraiment d’autres fonctions que de nourrir l’Homme. On a longtemps été dans une économie de subsistance et il fallait absolument boucler le cycle annuel de nourriture. Question de survie ! Il fallait tenir jusqu’au printemps suivant et, en cas de disette, aucune possibilité d’aller au supermarché du coin. Ce mode de fonctionnement a duré longtemps et je me souviens qu’étant enfant, tout le monde encore faisait du jardin dans le village, c’était une activité essentielle (le jardinage était une activité obligatoire des classes modestes, c’est devenu aujourd’hui une activité en grande partie réservée aux classes moyennes).

Dans nos campagnes, la société de consommation est arrivée de plein fouet, demeurant encore timide dans les années 60, puis au grand galop dans les années 70 et au-delà. Chacun a pu s’affranchir des contraintes de la terre et du climat. On trouvait de tout sur les étalages, pas besoin de « se casser le cul » à faire du jardin. Emancipation de l’Homme aurait-on pu croire …

Certains, pas plus de quelques personnes par villages, ont continué à cultiver leur petit bout de terre comme si l’époque était restée la même, comme si le modernisme n’avait pas prise sur eux. Ils ont été rejoints à un certain moment par d’autres personnes, souvent plus jeunes, qui avaient soif d’authentique et qui avaient envie de renouer avec la pratique du jardinage.

Mais les préoccupations de ces nouveaux jardiniers sont devenues assez différentes et on peut dire qu’aujourd’hui le jardinage répond à d’autres aspirations.

Car aujourd’hui on ne jardine plus tout à fait pour les mêmes raisons.

Evidemment on jardine toujours pour se nourrir des produits de son jardin. Cette fonction nourricière du jardin existe encore bel et bien (même si très peu de jardiniers arrivent à boucler le cycle annuel de la production de nourriture) et il se pourrait même que cette fonction reprenne du poil de la bête dans les temps qui viennent. Jardiner, c’est donc avant tout produire des légumes !

Mais on jardine aussi de plus en plus dans une démarche qualitative. Car si la plupart d’entre nous a les moyens d’acheter des fruits et des légumes, on sait que la qualité des produits du commerce n’est plus vraiment là. Les pommes sont pesticidées à outrance, les concombres n’ont plus le goût de concombres et les tomates sans goût ont pris une telle apparence de plastique qu’on se demande si ce ne sont pas des produits dérivés du pétrole.

On jardine aussi pour des raisons esthétiques. Car le jardinier est souvent quelqu’un qui aime aménager son espace de vie. Il se crée son petit domaine, façonné suivant son aspiration à vivre dans un espace qui lui convient. Autant de jardiniers différents, autant de jardins différents !

Le jardinage a aussi aujourd’hui, sans doute plus qu’autrefois, une dimension sociale. Le jardin est un lieu de rencontres. Le jardinier aime partager sa passion. Il y a souvent autour de chaque jardinier un micro-réseau de personnes qui parlent de jardinage, se partagent des graines, des conseils, boivent un verre de bière ensemble …  J’aime à dire que le jardinier est un sauvage sociable. « Sauvage » parce qu’il aime se retrouver seul au milieu de ses légumes, de ses fleurs, perdu dans ses pensées…et « sociable » parce qu’il aime partager tout ça. Le jardinier est intarissable quand il parle de ses tomates ou de ses salades, il est même parfois difficile de le faire taire.

On jardine aussi pour « se vider la tête ». Le jardinage peut aider à se déstresser, à prendre de la distance par rapport à sa propre vie, professionnelle ou familiale. Et comme notre société moderne nous inflige une vie hyperactive et trépidante, nul doute que cette fonction de bien-être est une fonction essentielle du jardinage. Quand on est dans son jardin, on ne pense plus vraiment aux tracasseries de la vie quotidienne. Faire du jardin, c’est vivre sans doute dans sa petite bulle mais c’est aussi prendre de la distance, du recul, par rapport aux problèmes. Et combien de problèmes résolus lorsqu’on se met à y réfléchir sereinement, la pioche à la main ?

Il y a aussi parfois, dans les différentes préoccupations des jardiniers d’aujourd’hui, une démarche un peu plus intello, voire même affective. Je m’explique. Cultiver le haricot du père Machin qui nous a été transmis par un voisin, c’est se rattacher à la petite histoire locale. Prendre soin d’une variété d’oignon qu’un Algérien vivant à Besançon m’a donnée, c’est pour moi le fruit d’une rencontre humaine. Prendre soin dans son jardin d’une variété de tomate que cultivaient les Aztèques au Mexique il y a 500 ans, c’est aussi nous relier à quelque chose d’universel, qui vient de loin. Ce ne sont que des exemples. Il y en aurait tellement …

Une autre démarche des jardiniers d’aujourd’hui est une démarche environnementale (dans le sens militant du terme). Jardiner c’est dire NON aux légumes qu’on achète et qui viennent de l’autre bout de la planète, avec un mode de production – en matière énergétique ou en matière d’intrants chimiques – qui produit des ravages au niveau de la planète mais aussi des ravages au niveau économique, en détruisant les économies traditionnelles d’ailleurs et nos emplois de producteurs ici. Il y a donc dans le jardinage ce nouvel aspect, nouvelle fonction, qui est d’ordre politique. Jardiner, c’est un acte citoyen de résistance face au monde que l’industrie agro-alimentaire essaie de nous imposer.

J’ai cité 8 raisons de faire du jardin aujourd’hui. Dans mon quotidien, je me sens riche de toutes ces raisons-là, mais je ne perds jamais de vue la fonction première du jardin qui est la fonction nourricière. Et souvent d’ailleurs, je réagis en fonction de ce critère-là. Car je sais que ce critère peut devenir vital un jour et qu’il est peut-être urgent que chaque jardiner travaille ce point-là.

En conclusion à mon propos, on voit bien, vu la somme des enjeux (production nourricière, souci de qualité, esthétique, vie sociale, équilibre personnel, démarche environnementale …) que le jardinage est quelque chose d’étonnamment moderne et qu’il contribue à répondre aux préoccupations actuelles de notre société.

Meilleurs voeux

A l’heure où je rentre de ma nuit de réveillon (assez arrosée je dois dire), il n’y a pas d’éclairage public dans les rues de Bussières, la municipalité ayant pris – et c’est une très bonne chose – la sage décision d’éteindre les réverbères entre 23H et 5 H. Ce qui me permet de vous adresser une carte de vœux, pas très colorée certes, mais d’une extrême et rare originalité !

Notre monde s’assombrit de toutes parts. Alors je vous souhaite de trouver de la lumière partout où ça sera possible : dans les yeux et les sourires de vos proches, dans les musiques que vous aimez, dans vos poèmes et textes préférés, bref dans tout ce qui nous permet d’avancer sur le chemin chaotique de la vie … mais aussi et surtout à l’intérieur de vous-même !

Séparer l’Homme de son œuvre ?

Je reviens sur un fait qui date de plus d’un mois : l’un des deux prix Nobel de littérature (puisque cette année, exceptionnellement il y en a eu deux) a été décerné à l’écrivain autrichien Peter Handke, qualifié par les académiciens d’« héritier de Goethe », dont l’œuvre « forte d’ingénuité linguistique, a exploré la périphérie et la singularité de l’expérience humaine » (LeMonde.fr)

La nomination de cet écrivain de 76 ans, qui est l’un des écrivains de langue allemande les plus lus (pas par moi, je ne le connais pas) avec plus de quatre-vingts ouvrages publiés, a toutefois suscité une très forte controverse, sur les réseaux sociaux d’abord, puis dans les médias. La raison de la polémique : les positions pro-serbes de Handle et sa présence en 2006 aux obsèques de Slobodan Milosevic, accusé de génocide.

Pour défendre la grande institution Nobel, Anders Olsson, l’un des académiciens suédois, à déclaré : « Ceci est un prix littéraire, pas un prix politique ».

Conséquence de la polémique : dans les médias, on n’a parlé que de l’homme et de ses prises de position contestables, et non de ses livres.

Doit-on séparer, comme certains peuvent le faire pour des écrivains ou artistes contestés sur le plan moral (tels que Céline mais aussi tant d’autres comme Polanski dont on parle beaucoup ces temps-ci), l’Homme de son œuvre ?

Vaste sujet.

Vous en pensez quoi ?

Dérive climatique : ses effets sur la Loue

Ce blog est en congés.
En attendant la reprise du blog le lundi 4 novembre, je vous propose un article sur la santé de nos rivières.

Le 18 septembre dernier à 14H, la rivière « l’Ognon » passait, sans doute pour la première fois de son histoire, en-dessous de la barre symbolique de  1 mètre cube/seconde (cf. la station de mesure automatique de Beaumotte-Aubertans, réactualisée toutes les heures et située une vingtaine de kilomètres en amont de chez moi).
Ce chiffre est extrêmement bas car l’Ognon n’atteint que tous les cinq ans la valeur de 3,4 m3/seconde. Or, depuis un an et demi, nous sommes quasiment en permanence en-dessous de ce chiffre appelé « quinquennal sec ». C’est dire si la situation est exceptionnelle.

Alors que je constatais ces tristes faits, Jean-Pierre Hérold (qui fut mon prof de fac à une époque très très lointaine) m’envoyait un article qu’il a écrit sur la santé d’une autre rivière franc-comtoise : la Loue, rivière emblématique connue des pêcheurs à truite dans toute l’Europe. Et l’une des plus belles rivières qui soient.

Je vous propose donc l’intégralité de ce texte qu’il a écrit en septembre dernier. Cet article montre l’ampleur des dégâts.
Jean-Pierre, qui est également l’auteur de toutes les photos de cet article (dont l’image précédente), pourra réagir à vos commentaires.

UN ARTICLE ÉCRIT PAR JEAN-PIERRE HÉROLD :

La série est déjà longue : 2019 après 2018 et 2017, 2011, 2003 ! Voici une répétition de phénomènes météorologiques qui traduisent, d’après les climatologues (Bichet et coll. 2015) une augmentation dans le long terme des températures moyennes régionales. Celles-ci ont des conséquences mesurables sur les débits moyens mensuels des rivières de Bourgogne Franche-Comté qui sont consultables en ligne sur le site Hydroreel, le serveur de données hydrométriques en temps réel et en archives depuis les années 50 ; exemple pour la Loue à Chenecey-Buillon.

En 2018, de la mi-juin jusqu’à la fin octobre, les rares précipitations orageuses ont représenté souvent moins du dixième du volume moyen des pluies selon les secteurs concernés dans notre département. En 2019, dès le 5 juillet l’alerte sécheresse a été déclenchée par la Préfecture du Doubs. Fin août les restrictions d’usage de l’eau étaient encore en cours. En septembre les étiages perdurent.

Durant la même période, les températures aussi bien diurnes que nocturnes ont atteint des records sur des durées importantes, et en 2019 des valeurs supérieures à 35 °C ont été quotidiennes pendant plus d’une semaine au mois de juin, une situation tout à fait inédite. Des températures diurnes élevées ont été enregistrées jusqu’au mois de septembre, elles dépassent encore les 30°C.

Les effets de ces amplitudes thermiques sur le régime des cours d’eau ont été plus marqués que ceux de l’année de la canicule historique 2003. Ils entraînent des contraintes nouvelles sur le cours de toutes les rivières de l’arc jurassien et des zones karstiques de la région. Ainsi, l’exemple très remarqué de l’assèchement total du Doubs à l’aval de Pontarlier entre juillet et octobre 2018  a été très commenté par les médias et les populations locales, dont certaines ont subi des déficits hydriques perturbateurs : plus de vingt communes ont dû faire appel à des transporteurs pour alimenter leurs châteaux d’eau à sec pendant plusieurs semaines. La situation s’est reproduite début juillet 2019.

Dans le cas de la Loue, présenté ici, les effets combinés des canicules et des sécheresses montrent un impact sur l’évolution et la répartition des populations piscicoles de cette rivière qui a été longtemps considérée come un fleuron des cours d’eau français à salmonidés, truites et ombres, et donc fréquentée et admirée par les pêcheurs sportifs de tous horizons.

Les effets sur les débits :

Rappelons que la Loue, sur 125 km, a un régime pluvio-nival classique de moyenne montagne, avec cependant des occurrences de crues très fortes lors de pluies intenses qui entraînent la fonte d’une couverture neigeuse en place sur son bassin versant à certaines périodes.

Ainsi les crues décennales atteignent 530 m3/s (mètres-cubes par seconde), alors que la valeur moyenne interannuelle du débit est de 46,8 m3/s à la station hydrométrique de CHENECEY-BUILLON. Les années pluvieuses, ce débit moyen se situe autour de 100 m3/s (82 en 2014, 128 en 1974). Les étiages d’années chaudes et sèches sont par exemple de 4,2 m3/s en 2003, 3,9 m3/s en 1959 et 3,5 m3/s en 1962. Ces minima historiques sont dépassés par l’année 2018 avec un débit de 2,5 m3/s.

A PARCEY, en basse Loue, le débit d’étiage de la station hydrométrique annonce 2,6 à 3,3 m3/s fin septembre 2018, alors que la moyenne interannuelle est de 50 m3/s.

A ORNANS, le 15 octobre 2018, le débit mesuré est de 2,3 m3/s.

A VUILLAFANS, le débit moyen de la haute Loue au mois de novembre est encore de 2 m3/s, voisin du mensuel le plus bas de septembre 1962.

La grande sécheresse des rivières du Doubs de 1906, décrite par Eugène FOURNIER, ancien doyen de la Faculté des sciences de Besançon et pionnier de l’hydrogéologie, montre que les variations extrêmes des niveaux ne sont pas récentes, mais que leur fréquence augmente sensiblement ces dernières décades, comme le montre l’analyse des données disponibles à partir des différentes stations de mesure du réseau rdbrmc.com .

Un des effets visibles de ces très basses eaux est l’exondation des zones peu profondes, tels les gravières et les nassis (mot usité par les riverains pour désigner les concrétions et tufs calcaires souvent perpendiculaires au lit de la rivière). Ce sont les refuges de très nombreuses espèces d’invertébrés aquatiques.

La surface en eau vive est de plus en plus réduite, et en conséquence l’espace de vie de toute la faune aquatique ! De plus le lit encore mouillé est envahi par des proliférations d’algues filamenteuses, Vaucheria et Cladophora dont le poids essoré atteint 3 à 5 Kg/m2. Elles colmatent les substrats et forment même un tapis uniforme, sauf sur le linéaire résiduel du courant le plus vif. L’origine de ces masses végétales tient dans la présence excessive de nitrates et de phosphates d’origine anthropique : agriculture et assainissement.

Les effets sur les températures :

A sa source, l’amplitude des variations des températures de l’eau de la résurgence est limitée. Elle a transité dans le karst profond et sort entre 6 et 9 °C, et atteint 10 °C en aval à MOUTHIER HAUTE PIERRE.

Elle reste, en année normale, à des valeurs inférieures à 15 °C jusqu’à ORNANS. Elle convient donc aux espèces animales et végétales exigeant des températures basses toute l’année. Selon la typologie proposée par Bruslé et Quignard en 2004, ce sont des espèces d’eau tempérée froide, inférieure à 19 °C. Les effets de la canicule sont moindres, le réchauffement de l’eau n’est sensible que sur les zones de profondeur et/ou de courant faible. La végétation rivulaire, la ripisylve, contribue à la protection contre l’ensoleillement direct, comme les falaises rocheuses surplombant les gorges de Nouailles en cette partie du cours amont étroit et sinueux.

C’est à partir de la confluence avec le Lison que l’on note des températures qui dépassent les 25 °C au cours des épisodes caniculaires. Il peut même apporter à certaines occasions de fortes chaleurs des eaux à 27 °C, donc plus chaudes que celle de la Loue. L’aval de cette confluence est marqué par un ralentissement du courant dû à la présence du barrage de l’usine électrique des forges de CHATILLON, sur la commune de RUREY. II constitue une zone de réchauffement  majeur en période prolongée de canicule.

C’est une première charnière bioclimatique le long du cours de la Loue.

La deuxième charnière se situe à l’entrée de la vallée alluviale, en aval de QUINGEY. Le Val d’Amour s’élargit jusqu’à la grande plaine à vocation agricole située à la confluence avec le Doubs, à PARCEY. Cette zone aval a subi les effets du redressement du cours décidé dans les années 1960, au motif de la production agricole à développer. Les travaux gigantesques de canalisation et d’endiguement ont conduit à une reprise de l’érosion régressive d’une rivière active, avec pour conséquences une incision dans les alluvions et une sensibilité accrue aux variations thermiques. Plus de 27 °C sont relevés dans ces secteurs en période de canicule.

Depuis un siècle, en Franche Comté, le record de température maximale absolue mesuré est de 41,5 °C à ARC et SENANS le 13 août 2003 ; cet événement météorologique a eu très probablement des effets synchrones sur la température des  eaux de la Loue.

Au niveau climatique, une augmentation discrète des moyennes de températures minimales sur 30 années de 1,5 °C a un impact certainement encore plus important et prolongé. On en trouvera les détails dans l’ouvrage collectif « Histoire du climat en Franche-Comté » (Bichet et al., 2015). Mais c’est bien l’augmentation des températures extrêmes , minimales et surtout maximales, qui ont le plus d’impact sur les milieux.

Après les travaux de redressement, les anciens méandres sont rescindés et se trouvent perchés au-dessus du niveau de la rivière et de la nappe phréatique : ils sont devenus des « mortes » (lesquelles ont fait l’objet de tentatives récentes de reconnexion comme à CHAMBLAY). Les résultats sont catastrophiques : ponts déchaussés, érosion, déconnexion des affluents et augmentation des températures entre les seuils aménagés pour « réguler » le cours de la rivière « nouvelle ».

L’espace de liberté accordé à la rivière entre le pont de BELMONT et le pont de PARCEY, sur environ 9 km, n’est qu’un petit pansement sur une rivière très dégradée. L’ancien secteur des GOUBOTS qui était situé sur le delta de la confluence Loue-Doubs, d’une richesse biologique et piscicole extraordinaire, est devenu un pauvre branchement hydraulique soumis aux crues et aux étiages. On en voit les conséquences dans l’évolution des peuplements. Les travaux tout récents de suppression des enrochements au niveau de la confluence donneront sans doute dans l’avenir des effets positifs, mais c’est tout un écosystème qui doit se reconstituer.

Globalement, l’augmentation estimée de 1 à 2 degrés de la température moyenne de l’eau de la Loue depuis 1980 semble modeste mais ne laisse pas imaginer les conséquences biologiques des valeurs extrêmes provoquées par les canicules successives de ces dernières décennies.

Les effets sur les populations de poissons :

La répartition des espèces piscicoles de l’amont vers l’aval d’un cours d’eau est bien connue depuis les publications de HUET en 1954 puis de VERNEAUX en 1973. La zonation classique précise quatre grands ensembles, de l’amont à l’aval : la zone à truite, la zone à ombre, la zone à barbeau puis la zone à brème.

Le facteur déterminant qui régit cette répartition est la température de l’eau. Le gradient n’est cependant ni régulier ni progressif puisque des affluents (51 pour la Loue, dont 4 principaux, Brême, Lison, Furieuse, Cuisance) modifient localement la température par apport d’eau généralement plus fraîche. On néglige aussi, souvent, la présence peu connue de « froidières », sources qui apportent l’eau résurgente du karst profond ou de la nappe alluviale vers le lit mineur de la rivière. C’est en période de canicule le dernier refuge des espèces strictement dépendantes de la température de l’eau, la truite (Salmo trutta) et l’ombre (Thymallus thymallus), tout deux de l’ordre des Salmoniformes.

Ces espèces sont dites sténothermes contrairement aux espèces eurythermes qui supportent des variations de température et se répartissent de façon beaucoup plus étendue sur le parcours de la rivière, comme peuvent le faire le chevesne et nombre d’autres Cyprinidés.

Cette dépendance aux conditions du milieu est d’origine physiologique, puisque le besoin en oxygène des espèces diffère selon le type de métabolisme oxydatif de l’organisme. Les poissons qui ont besoin d’une concentration élevée exigent des eaux plus froides (10 à 15°C) où l’oxygène est présent en concentration de l’ordre de 9 à 12 mg/l. En revanche, ceux qui sont adaptés à de faibles concentrations, de 5 à 9 mg/l, acceptent des eaux de 15 à 30°C et plus, en période de canicule.

Les températures les plus élevées mesurées dans les eaux de la Loue aval, ont atteint localement 28°C au mois d’août 2018, lors des jours les plus chauds dépassant 35°C. Cette température est létale pour la truite, entraînant une hypoxie fatale. Ceci explique que la basse vallée de la Loue a depuis des années perdu progressivement ses populations de truites. Rares, quelques gros spécimens survivent dans les zones de « froidières ». Les gravières de PARCEY à CHISSEY ont aussi vu disparaître leurs belles populations d’ombres, et en conséquence aussi les pêcheurs à la mouche venant de toute la France et bien au-delà !

En revanche se maintiennent ceux qui tolèrent les températures élevées et le peu d’oxygène disponible, comme le hotu, le barbeau, le chevesne. Ils occupent à présent tout le cours aval et moyen de la Loue. On constate même que des espèces inconnues il y a un demi siècle colonisent maintenant ces milieux : ainsi de la carpe, et depuis peu du silure qui atteint des tailles impressionnantes. Cette espèce, remontée du Doubs, est présente au niveau d’ARC ET SENANS et s’installe dans les zones profondes du lit de la rivière en direction de QUINGEY. Donc une bonne part du cours de la Loue est concernée déjà par l’arrivée de ce prédateur polyvalent.

On observe donc deux phénomènes biogéographiques simultanés :

– la remontée vers le cours supérieur de la Loue, dans les eaux encore froides et oxygénées, des populations de truites et d’ombres avec leurs espèces compagnes, chabot, loche franche, blageon, vairon, vandoise, lamproie de Planer… La même migration vers l’amont s’observe pour certains invertébrés aquatiques dont en particulier des éphéméroptères ;

– plus en aval, l’apparition d’espèces nouvelles pour la rivière, comme le silure dont la zone d’occurrence a augmenté de 270% en Bourgogne Franche-Comté ( Bouchard et Hérold 2017 ).   L’installation pérenne dans ce milieu de la carpe, du brochet et des espèces d’accompagnement de la grande famille des cyprinidés ubiquistes conduit à remplacer les anciennes espèces électives de ces biotopes par les vandoise, spirlin, gardon, goujon et hotu dont les cohortes nombreuses occupent dorénavant les gravières.

Le déversement régulier de truites arc en ciel issues de pisciculture semble permettre aux sociétés de pêche de satisfaire leurs adhérents… pourtant l’espèce ne se reproduit pas mais présente l’avantage d’une moindre sensibilité à la température et à la qualité de l’eau . Une tentative malheureuse d’introduction du huchon ou saumon du Danube à l’amont de QUINGEY dans les années 1980, afin de limiter les populations de hotus, n’a pas eu les effets escomptés et s’est avérée être un échec.

Le cas de l’apron du Rhône, espèce emblématique, est plus complexe, puisqu’il a été répertorié sur des secteurs limités de la basse Loue (CHISSEY, ARC ET SENANS) en cohabitation avec le silure (observation de M. Kupfer en plongée à l’aval du pont de CRAMANS), ainsi qu’en moyenne Loue où il est encore présent avec la truite et l’ombre. Ses effectifs restent faibles avec quelques populations résiduelles et isolées. Un projet de reconnexion des sites où sa présence est reconnue a fait l’objet d’un plan national d’action (PNA) soutenu par des fonds européens, qui a permis d’aménager des passes à poissons dédiées à l’apron, lesquelles profitent aussi aux autres migrateurs de la rivière. Il reste cependant inscrit sur la liste rouge des espèces menacées, dans la catégorie « en danger critique» selon la nomenclature de l’UICN.

D’autres espèces classées « en danger » comme l’ombre et le toxostome sont aussi en difficulté, car leurs exigences biologiques et la présence de fonds non colmatés ne sont plus assurés, malgré le fait que la Loue figure toujours dans la catégorie des rivières en « bon état ».

Il est en effet paradoxal de constater que 97% du bassin versant de la Loue est composé d’espaces « naturels » forestiers et agricoles, que les zones Natura 2000 y représentent 23000 hectares… et que malgré tout les perturbations récurrentes des peuplements aquatiques perdurent.

Or, force est de constater que les multiples polluants d’origine anthropique, nitrates, ammoniaque, phosphates, pesticides, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), résidus de traitements des bois et des médications vétérinaires, sont toujours présents en quantité variable selon les périodes de l’année ou les secteurs de la rivière. Des mortalités impressionnantes de truites et d’ombres ont dévasté de nombreux secteurs, entre 2009 et 2015. Les experts ont cherché des explications et leur rapport a été rendu au Préfet du Doubs en 2012. Il a confirmé une dégradation qui concerne tous les compartiments écologiques :

« Trois communautés biologiques majeures (algues, macro-invertébrés benthiques et poissons) présentent un état très dégradé qui se caractérise par une faible diversité et/ou par des abondances limitées en regard de ce que ce milieu devrait accueillir) », probablement depuis le « début des années 80 » et qui « semble traduire à la fois un excès de nutriments dans l’eau et la présence probable de polluants d’origines diverses »

L’analyse vétérinaire de poissons morts a montré qu’ils étaient souvent infestés de nombreux parasites de plusieurs espèces, genres et familles, ce qui évoque une déficience immunitaire et la mort par des pathogènes opportunistes. Pour l’observateur médusé, le signe évident de l’atteinte mortelle de ces poissons était le développement de la « mousse » sur les téguments ulcérés : c’est le parasite ultime, Saprolegnia parasitica , ( Oomycète).

Une des hypothèses pour expliquer ces processus mortifères est liée à la géologie locale et à la structure karstique du bassin versant amont, responsable des phénomènes de circulation d’eau souterraine très rapide et sans filtration. Il est bien connu l’exemple de la Loue à sa source à OUHANS, qui s’est chargée d’absinthe  quelques jours après l’incendie de la distillerie située au bord du Doubs en 1901 à Pontarlier. De même, les intrants divers et nombreux qui percolent depuis les plateaux vers les niveaux d’aquifères karstiques participent à la dégradation de la qualité de l’eau.

En basse vallée les faibles mortalités sont probablement à expliquer par les échanges plus lents entre la nappe phréatique et les substrats de granulométrie réduite du lit de la rivière. Les processus de filtration sont rendus plus efficaces et laissent à l’activité bactérienne plus de latitude.

Malgré tous les efforts de protection, on observe une banalisation des populations piscicoles sur les trois quarts du cours de la rivière. L’évolution climatique amplifie et accélère cette dérive. Les débits de plus en plus variables et l’augmentation des températures constituent un défi que le Plan Climat du Comité de pilotage de la Communauté de communes Loue-Lison a la lourde charge de relever .

CONCLUSION

La Loue a perdu son lustre de rivière emblématique pour les pêcheurs sportifs et son excellence de modèle de cours d’eau du type « chalk stream »,  rivière calcaire à forte productivité biologique : elle est devenue une rivière banale ! Son statut salmonicole ne vaut plus que pour son parcours amont.

Elle reste cependant située dans une vallée remarquable et dorénavant plus connue par la présence du musée Gustave COURBET à ORNANS et par l’existence de la Saline Royale due à Claude-Nicolas LEDOUX située à ARC ET SENANS.

Mais on ne peut que déplorer la perte de son attractivité naturaliste et halieutique, qui a eu en quelques années des effets négatifs sur l’économie locale. Des hôtels-restaurants qui en saison accueillaient les pêcheurs sont aujourd’hui fermés ou en liquidation. Les gîtes de pêche et les chambres d’hôtes souffrent de la même désaffection.

La réhabilitation de la rivière passe par des mesures d’action à long terme qui prennent en compte la protection de l’eau. Maîtriser les rejets des effluents usés avec mise en place de traitement tertiaire, réduire drastiquement les épandages de lisier et en faire plutôt un engrais et non un déchet à éliminer, limiter au strict nécessaire l’usage des produits toxiques, des phytosanitaires ou sels de déneigement… constituent un programme à promouvoir pour une eau de qualité.

Le réchauffement peut être atténué par des suppressions de seuils qui forment des retenues où l’eau reste chaude, mais aussi par des plantations de végétaux rivulaires qui forment une ripisylve protectrice. La protection des nappes phréatiques est essentielle pour assurer un bon équilibre des réserves de sub-surface, en particulier en basse vallée où le relèvement du niveau de la nappe peut contribuer à une meilleure gestion agro-environnementale.

La dérive climatique qui s’est enclenchée au 20eme siècle n’est cependant pas maîtrisable à l’échelle d’une région : elle doit devenir la préoccupation majeure de tous les terriens au 21ème siècle.

Le nœud du problème

C’est quoi un prêtre ? Un homme de chair ou un homme de marbre ?

Dans « La faute de l’abbé Mouret » de Zola que je viens de relire, je suis tombé sur une description étonnante d’un prêtre. Je vous donne quelques extraits :

« Longtemps, aux heures de recueillement, lorsque la méditation le prosternait, il avait rêvé un désert d’ermite, quelque trou dans une montagne, où rien de la vie, ni être, ni plante, ni eau, ne le viendrait distraire de la contemplation de Dieu. C’était un élan d’amour pur, une horreur de la sensation physique… Et que les biens de la terre lui semblaient méprisables !… Il fermait la porte de ses sens, cherchait à s’affranchir des nécessités du corps, n’était plus qu’une âme ravie par la contemplation. … Il n’envisageait que les biens célestes, ne pouvant comprendre qu’on mît en balance une éternité de félicité avec quelques heures d’une joie périssable… Il était parfait, dès le premier agenouillement, sans lutte, sans secousse, comme foudroyé par la grâce, dans l’oubli absolu de sa chair… Il se souvenait d’avoir entendu parler de la tentation comme d’une torture abominable qui éprouve les plus saints. Lui, souriait… On avait tué l’homme en lui, il le sentait, il était heureux de se savoir à part, créature châtrée, déviée, marquée de la tonsure ainsi qu’une brebis du seigneur ».

Evidemment la suite de ce roman célèbre sera celle que l’on connaît : la chair sera plus forte que la raison et le prêtre connaîtra les joies de l’amour terrestre et deviendra même le père d’un enfant. Pouvait-il en être autrement ?

Dans un discours très ambigu du 24 février dernier (mais plutôt bien médiatisé), le Pape a déclaré « Derrière la pédophilie, il y a Satan ». Ouais, bof !
En tous les cas, c’est ce que la Presse a retenu et il semble qu’effectivement il n’a pas dit grand chose d’autre.
Parmi les sujets éludés par le Pape, il y a notamment le refus obstiné de l’Église d’autoriser ses prêtres à mener une vie sexuelle normale.
« Le » problème !
Refuser la normalité incite forcément à l’anormalité. Par définition me semble-t-il.
Que dire des prêtres tiraillés par plein d’envies légitimes et desquels on exige qu’ils se fassent un nœud en permanence, non pas une heure, un jour, des semaines, des mois … mais des dizaines d’années ? N’importe qui, normalement constitué, deviendrait dingue au bout de quelques … (jours ? semaines ? mois ? années ? … Je vous laisse le choix de la durée !). Ou finirait alors par chercher des chemins de traverse. Et certains enfants ne le savent malheureusement que trop !
Evidemment, il est assez logique que l’Eglise en reste à sa position dogmatique officielle. Il faudrait vraiment être naïf pour penser que ce Pape-là aurait pu avoir une action différente de celle de ses prédécesseurs, il n’est bien évidemment que le représentant d’une institution à jamais figée. Les débats qui traversent la société civile aujourd’hui ne peuvent avoir prise sur des règles datant de près d’un millénaire.
Mais si je suis scandalisé, ce n’est pas par cette position de l’Église, mais par le fait qu’aucun grand journal de notre pays n’ait saisit cette occasion de scandales sexuels dans l’Église pour aborder enfin ce sujet tabou : LE CÉLIBAT DES PRÊTRES.
C’est quand même le principal élément du problème, non ?

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Variétés de courges et de potirons (3)

Pour les jardiniers les plus organisés, janvier et février sont les mois où l’on choisit les variétés que l’on va semer. Bonne période donc pour poursuivre mes séries d’articles sur le sujet entamées il y a plusieurs années déjà.

Et je vous propose aujourd’hui un nouvel article sur la diversité des cucurbitacées.


L’année 2018 fut une année moyenne : difficultés de

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Meilleurs voeux

Guerres, attentats, migrations forcées, casse sociale, révoltes, dérèglement climatique … il se peut que l’actualité 2019 soit très pimentée, et même bien plus que ne le prévoient les « normales saisonnières ».
Mais il y aura aussi plein d’autres manières – bien plus agréables – de pimenter votre quotidien.
Alors, loin de l’actualité, osez votre propre vie !
Et avant tout, soyez vous-même !

Papillotes de Noël

Il fut un temps où les blagues et citations écrites à l’intérieur des papillotes de Noël étaient tellement nulles que c’était à vous dégoûter d’en acheter.
Avec les années qui passent, ça s’améliore un peu, parfois même beaucoup pour certains confiseurs.
Cet article n’a pas d’autre but que de vous faire patienter … car il reste encore du temps avant la reprise du blog le Jour de l’An.
Alors, n’hésitez pas à nous faire part des citations que vous trouverez dans nos chères papillotes, aussi bien les plus belles que les plus nulles.
Allez je commence par une petite citation trouvée à l’instant :
« Bien-être : état d’esprit produit par la contemplation des ennuis d’autrui » (Ambrose Bierce)

Gilets Jaunes

Impossible pour moi de mettre en suspens ce blog alors que la fièvre sociale monte de partout. Faudrait pas qu’à cause d’une mise en vacances prolongées du blog, on passe à côté de l’Histoire, non ?
Que l’on soit d’accord ou non avec les Gilets Jaunes, il y a fort à parier qu’on soit en train de vivre un moment historique (pas seulement à cause de ce que l’on vit en France, mais aussi peut-être à cause de la propagation du mouvement dans d’autres pays).
Alors, si vous avez envie de dire des choses sur le sujet, n’hésitez pas à le faire ici.

Mais où allons-nous ? (1)

Oui, je sais, mon blog est en congés jusqu’au 1er janvier prochain. Et il l’est !
Mais, une fois n’est pas costume (comme dirait François F.), j’ai juste envie de rompre – l’espace d’un seul article – avec cette période de repos, pour vous proposer une vidéo qui pourrait susciter pas mal de réactions. En tous les cas, c’est le genre de vidéo qui, question réflexion, nous tire vers le haut. Prenez le temps, elle fait plus d’une heure … alors un petit verre de bière s’impose (petit clin d’oeil à Frusquin). Bien évidemment … !

Portez-vous bien d’ici l’an prochain !!!!!!!!!!

Blog en très longues vacances

Coup de blues, beaucoup de projets en cours, reprise de la guitare, développement du « jardin à Dupdup », travaux à la maison, baisse des discussions sur le blog (y compris sur des articles qui m’avaient pris deux ou trois heures de préparation) … autant de raisons qui m’incitent à lever le pied. Et, chose inédite sur le blog, ce sera une longue pause car mon prochain article ne paraîtra que le 1er janvier.

Je profite de cet article pour dire que je réaliserai dimanche prochain 14 octobre ma dernière expo de légumes dans le cadre de la Maison de la Nature de Brussey. Ce sera ma plus grosse expo (il y aura sans doute 300 variétés de légumes + les variétés qu’amèneront également Christiane et Didier). Et je donnerai à 16H une conférence sur le thème « ça veut dire quoi, faire du jardin aujourd’hui ? ». Alors, si certains d’entre vous avaient envie de venir y faire un tour, ce sera pour moi un plaisir immense que de vous y rencontrer.

Petite anecdote

Il y a quinze ans (ou vingt ans peut-être), deux amis du village étaient partis en Mongolie en avion et étaient revenus depuis là-bas … à vélo ! Six mois de périple.
J’en ai reparlé avec eux tout récemment.
Ils m’ont dit qu’ils avaient été accueillis partout les bras ouverts, notamment en Mongolie où ils n’avaient jamais déplié une seule fois leur tente.
La palme du savoir-vivre revient à l’Iran, c’est là qu’ils ont eu les relations les plus chaleureuses. Chez les Iraniens, non seulement ils ont toujours dormi chez l’habitant mais en plus dans les restos, ils ne réglaient jamais la note car au moment de payer il y avait toujours quelqu’un d’anonyme qui était passé à la caisse avant eux et qui avait réglé l’addition.
Etonnant non ?
Je ne sais pas pourquoi cette histoire-là m’est revenue ces jours-ci. Ah si, c’est en lisant il y a quelques jours un article dans la presse sur l’Iran. On nous présente souvent dans notre médias nationaux l’Iran comme un diable monstrueux. Monstrueux alors que nous, gonflés de suffisance, sommes incapables d’accueillir les migrants avec dignité ? Incapables même de proposer au marcheur ou au cycliste qui passe devant la maison d’y venir passer une nuit …

A toi Yves

A toi mon pauvre ami resté seul sur le quai
Avec ce bagage de douleur trop lourd à porter

Une vie qui s’arrête
Un oiseau qui se tait
La Faucheuse qui s’entête
La vie qui se défait

Une flamme qui s’éteint
Un cordon qui se rompt
Le bonheur qui prend fin
Ô tristesse sans nom !

Le coeur qui soudain s’affole
Le regard qui se voile
Et Murielle qui s’envole
Au pays des étoiles.

Un brasseur de bière, c’est quoi ?

FAIRE SA BIÈRE (1)
Comme je l’ai dit sur ce blog, je suis devenu brasseur de bière (enfin, « on » est devenu brasseur, car chaque brassée est faite avec Sylvain).
L’idée d’une série d’articles sur le sujet a évidemment vu le jour.
Et je vais commencer, pour introduire ce thème, par un article très court, avec juste cette  question toute simple « C’est quoi pour vous un brasseur de bière, quelle image avez-vous de lui ? »

Et, pour ne pas que vous soyez les seuls à donner votre définition, je vous donne la mienne qui vaut ce qu’elle vaut : « Un brasseur c’est un être surnaturel qui défie toutes les lois de la physiologie. En effet, alors qu’il passe des tonnes d’heures à brasser son précieux liquide et qu’on pourrait s’attendre à ce qu’il ait de gros bras, c’est … le ventre qui grossit au fil des années ! ».

Blog en deuil

J’ai le coeur gros.
Geneviève qui contribuait à la vie de ce blog et que j’ai eu la chance de rencontrer s’en est allée au pays des anges. Elle était un ange.
Plus trop le coeur à continuer.
Ce blog fait une petite pause et reprendra le lundi 28 mai.

Sans gluten ?

Autour de moi, beaucoup de personnes se sont converties au cours des dernières années à la nourriture sans gluten.
Le « sans gluten » vous en pensez quoi ?

Les expressions « à la con »

Reprenons le cours normal de ce blog avec le sourire.
Je suis allé il y a quelques jours dans une jardinerie de Besançon. J’ai discuté un peu avec le vendeur. Il n’arrêtait pas de dire toutes les deux phrases « au jour d’aujourd’hui ». Sans se douter qu’il faisait un double pléonasme. Car le mot « aujourd’hui » lui-même n’aurait jamais dû exister, il est déjà à lui tout seul un pléonasme. Le mot « hui » signifie en effet « ce jour ». « Aujourd’hui » veut donc dire « au jour de ce jour ».
L’expression « au jour d’aujourd’hui » que l’on entend maintenant très souvent, et qui est employée à tire-larigot par mon vendeur mais aussi par d’autres personnes qui n’ont rien de spécial à dire, signifie donc « au jour du jour de ce jour ».
Mais comme le ridicule ne tue pas, mon vendeur en question est reparti persuadé d’avoir marqué un point auprès d’un client.
Vous en connaissez, vous, d’autres mots ou expressions « à la con » ?

La retraite !!!!!!!!!!!

5 … 4 … 3 … 2 … 1 ! ça y est !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
ça y est quoi ?
Hé bien le départ en retraite de Joëlle qui a fini son travail il y a tout juste quelques secondes (marquant ainsi le début de mes vraies vacances à moi) !
La retraite que vous en soyez tout près ou tout loin, ça vous dit quoi ?

Bretagne brumeuse (2)

Je l’ai déjà raconté sur ce blog : la Bretagne sans vent ça existe ! A tel point même que parfois aucune brise, même la plus légère, ne vient dissiper le brouillard ambiant. Les 7, 8 et 9 juin 2016 il y avait au Cap Fréhel un brouillard qui n’a pas décollé pendant trois jours. La « brume de mer » pendant trois jours en plein été ça n’arrive que rarement et il a fallu que ce soit pendant notre séjour !

En complément à mon

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